Inspiration Erdorin: Reconstruction highlander en Chine

Les destructions subies par la Chine à la fin de la Troisième Guerre mondiale ont été telles qu’il a fallu presque un siècle et demie de décontamination et attendre les années 2200 pour que la Fédération des hautes-terres puisse se lancer sérieusement dans la reconstruction de la région.

L’avantage, si l’on peut dire, c’est qu’en partant de zéro, la nation highlander peut se lancer dans des projets de remodelage géographique et social à grande échelle. Témoin ce projet d’arcologie végétalisée autonome dans la région de Xishanghai.

Dans notre réalité, il s’agit d’un projet baptisé “Forest City” (via Inhabitat) qui a l’ambition de combattre également la pollution atmosphérique.

Pour soutenir Blog à part / Erdorin:

Blog à part est un blog sans publicité. Son contenu est distribué sous licence Creative Commons (CC-BY).

Si vous souhaitez me soutenir, vous pouvez me faire des micro-dons sur Flattr, sur Ko-Fi, sur Liberapay ou sur uTip. Je suis également présent sur Patreon pour des soutiens sur la longue durée.

4 réflexions au sujet de “Inspiration Erdorin: Reconstruction highlander en Chine”

  1. Ca ressemble quand même beaucoup à une ville classique, avec autoroute urbaine et compartimentation de la ville: zone industrielle toute moche ici, zone commerciale loin là bas, zone résidentielle là, et du vert partout pour faire écocool. Bref, une ville qui s’est construite à partir d’un noyau historique avant de s’étendre le long de ses axes routier,s pas une ville conçue et pensée en amont

    Tant qu’à repartir from scratch, autant faire des villes différentes

    Transports:
    – les principaux moyens de transports “lourds” (marchandises, salarymen qui veulent à tout prix travailler loin de chez eux) sont souterrains, ou du moins ils ne quadrillent pas le terrain. Si une route ou un MagLev doit traverser la ville, il le fera partiellement sous le sol au minimum. Par contre, ça bouge sans doute tout le temps, nuit comme jour
    – les transports légers sont aériens, terrestres et aquatiques quand c’est possible. Dans l’ensemble ils seront plus lents, parce que les gens vont moins loin au quotidien
    – en aérien ce sera plutôt des dirigeables et des gyrocoptères électriques que des spinners à réaction, parce que quand quelque chose vole au dessus d’une zone densément habitée, vous préférez un quelque chose qui tombe mollement (donc, pas un engin filant à 300 km/h avec des tuyères crachant des flammes de 20 m et pas de sustentation quand le moteur est down). Il y a sans doute des zones d’atterrissage un peu partout sur les immeubles, un contrôle aérien automatisé à base de lasers (on peut faire sans ,mais c’est plus classieux la nuit) et peut-être même des vélos volants (un ballon, une hélice carénée à la place de la roue aérienne et en avant; hommage à ET)
    – les transports terrestres sont mixtes, pas tout bagnole (vitesse moyenne d’une bagnole en centre-ville: moins de 12 km/h depuis un bon siècle, vous allez plus vite en vélo une fois les voitures dégagées). Marche, vélos de toutes sortes (du monoroue gyroscopique au bus gratuit, mais faut pédaler), voitures électriques, tramways lents mais avec montée/descente facile dans “les zones d’abordages” (plus simple que les fameux trottoirs roulants ,et ça permet des scènes de poursuite varies), métros rapides en souterrain ou aérien mais toujours isolés du reste de la circulation (ça, c’est plutôt pour les scènes de “bloqué dans le métro” ou “prise d’otage entre 2 stations”) et pourquoi pas des taxis-livreurs avec licence routière “libre” (ils ont le droit de s’affranchir des règles habituelles pour livrer le client à temps, mais sous leur responsabilité totale quand ils appuient sur le bouton “j’ai lu et compris les conditions d’utilisation”). Non, ce n’est pas indispensable, mais c’est tellement cyberpunk et de toute façon, c’est la classe de perso que j’aurais choisi
    – les transports aquatiques, c’est pas si con. Ca existe depuis des millénaires et comme les chinois avaient l’habitude de mettre de grands plans d’eau dans leurs villes, ça peut être utile. Pour une ville côtière c’est bien plus pertinent que des ponts en terme d’infrastructures, et si on pousse le concept on peut avoir des quartiers flottants pouvant se déplacer et se remodeler selon les besoins (ou démontés par blocs, voire coulés dans le cadre d’un maintien de l’ordre particulièrement musclé)
    – et ceux qu’il ne faut pas oublier, les transports verticaux. Une ville dense implique des transports verticaux, donc des ascenseurs géants, des rampes à conversion d’énergie (le poids des gens d’un côté fait monter les gens de l’autre, avec un peu de marche à pied quand même), voire des ascenseurs personnels: un moteur de quelques kilos à brancher sur une ligne d’ascension le long d’un immeuble, on boucle sa ceinture et hop! Ou alors des hélicos portables, c’est bien aussi pour les course-poursuite (moins si on danse, par contre). Et des ponts aériens; ça n’a pas de sens entre des immeubles privés apparus indépendamment, mais dans une villes prévue pour, c’est chouette

    La ville en elle-même est plutôt une agglomération de villages au moins en partie autonomes
    – du point de vue énergie, une fois le problème de stockage résolu (avec des murs servant de réserves d’énergie, ou de masses d’eau souterraines chauffées en journée, ou n’importe quoi d’autre), le solaire et l’éolien fournissent une bonne part de l’énergie quotidienne. En fait les villes dégageant beaucoup de chaleur et générant leur propre micro-climat, on peut imaginer des immeubles avec un puits de chaleur central servant à refroidir tout cela et faire tourner des turbines géantes (et avec un flux d’air suffisant pour des combats en apesanteur, parce que juste comme ça), des quartiers “sous serre” ou semi-enterrés pour climatiser l’ensemble de la ville, et pourquoi pas des trottoirs avec des capteurs piézo-électriques? Ils ne roulent pas, mais quand vous marchez dessus ils récupèrent une partie de l’énergie pour en faire de l’électricité. quand je pense Chine, je pense foules immenses, ça doit en faire des kilowatts
    – du point de vue alimentaire, les villes ont longtemps disposé de zones maraichères à proximité, à partir du moment où on vire une bonne partie de la pollution on peut les mettre dans la ville, sur les immeubles, dans les immeubles… Tant qu’à avoir du vert, autant avoir du vert qui se mange. Des rizières étagées le long des immeubles, c’est faisable. Oui, c’est avec ton pipi et ton caca qu’on fait ça, mais pas directement. Beaucoup d’hydroponique un peu partout (parce que retrouver le charmant monsieur Chang noyé dans la cuve du hall avec une marque suspecte sur la nuque, ça rend tout de suite les choses plus personnelles), des élevages d’insectes en sous-sol, des bambous géants qui filtrent l’eau de pluie (et une fois sec, cela fait d’excellentes poutrelles de construction), des légumes… Et partout des panneaux disant “servez-vous”, mais aussi des panneaux (plus grands, mieux placés) vous rappelant que participer à l’entretien des cultures est un devoir civique. Ou comment faire de la méconnue compétence Horticulture un avantage social
    – pour les commerces de consommation courante et les loisirs, voir les galeries commerciales et culturelles en bas, au milieu et en haut des arcologies. Oui, c’est étouffant de vivre en permanence sous le regard de madame Li mais bon, est-ce pire que le système de “prévention de la violence par la surveillance bienveillante” des milliers de mouchards électroniques? De plus, prenez le métro et 3 stations plus loin vous êtes dans un autre village, et puis n’oubliez pas que les clubs et autres salles de loisirs des sous-sols sont privés

    Niveau logement, c’est plus varié qu’actuellement
    – il y a des conapt gratuit fournis par la ville: c’est cheap, ça fait venir du monde, ça tue la spéculation immobilière et ça permet de stocker pardon, loger des contingents de travailleurs saisonniers ou voyageurs sans le sou (tout ce qui n’est pas dépensé en logement l’est ailleurs)
    – des résidences collectives ou tout le monde est concierge à tour de rôle, s’occupe des cultures, fait du gardiennage (de “discutons avec les jeunes pour cultiver l’harmonie sociale” à “milice citoyenne, ne bougez plus et identifiez_vous!”), aide les vieilles dames, etc. Ca n’a pas besoin d’être joli, ça peut aussi bien ressembler à la Walled City de Kowloon
    – des tours d’habitation “à meubler”: vous achetez une “case” plus ou moins grande dans la structure vide de l’immeuble et vous mettez ce que vous voulez dedans, un appart sorti du catalogue ou un truc autoconstruit tant que ça respecte les contraintes structurelles de l’immeuble. On peut imaginer des immeubles à moitiés vides et branlants servant de refuges à des criminels, un milliardaire qui s’est payé tout un immeuble et qui habite juste un étage à 200 m du sol, perché sur une armature en plastacier qui hulule sinistrement quand le vent la traverse, des immeubles très courus du centre ou les gens sont prêts à tuer pour caser leur 3 m² dedans, d’autres dans des zones “dérégulées” avec des maisons en bambous rajoutées sur les murs, etc
    – des zones d’aménagement libre qui peuvent aussi bien être quelque chose comme Christiana qu’une gated community du modèle californien (avec riches propriétaires organisant des chasses à l’homme le week-end, gare à vous si on vous invite un vendredi soir) ou la zone de combat de la ville (hommage à Cyberpunk)
    – pas de zones pavillonnaires; vous avez une maison individuelle si vous êtes riches (et un parc autour si vous êtes très riches), mais sinon vous vivez dans un environnement dense et vous êtes plus souvent locataire que propriétaire. 1 siècle et demi de décontamination, ce n’était pas pour noyer tout cela sous du béton, n’est-ce pas?
    – et tant qu’à faire, des hotel-cercueil, mais de bas standing: c’est énergivore, difficile à isoler et assez bordélique (les gens passent leur temps dans les allées et les cages d’escalier, à fumer des trucs glauques). Par contre, des immeubles de containers-appartement dans les zones côtières c’est possible, tout comme des “ruches” de logements individuels en semi-enterré ou des “tiny houses” à charger à l’arrière d’un camion et à déposer dans des trailer parks

    la métropole en elle-même s’occupe de tout ce qui dépasse le niveau local
    – les installations lourdes et nuisibles (aéroports, gares, stades de footeux) sont intégrées à la ville quand elles ne représentent pas un danger (un aéroports pour dirigeables oui, un astroport pour vaisseaux à poussée ionique non), loin d’elle quand elles peuvent se transformer en zone de mutation intempestive. Les usines sont en grande part découpées en ateliers de production automatisés avec des ouvriers pour les reconfigurer rapidement quand elles produisent pour la consommation locale, les administrations sont des quartiers clos ou les fonctionnaires vivent et travaillent mais où on entre peu (tout est dématérialisé), les hôpitaux sont spécialisés et complétés par des réseaux de cliniques de quartier. les très, très grosses entreprises sont des quartiers à elles seules, avec des conflits fréquents tant avec les autres quartiers que la métropole. Ces foutus technocrates et associations qui ne comprennent pas la nécessité d’un centre de test de laser haute énergie!
    – la coordination de l’ensemble de la ville (sinon, ça tourne aux guerres d’arcologies comme dans Judge Dredd) est également assuré par la métropole, que ce soit une IA sociopathe appointé par le gouvernement, un conseil formé des représentant des quartiers-villages, un maire élu, etc. Il faut des infrastructures de transport pour faire de la ville un tout cohérent, gérer les ressources en surplus ou qui manquent au niveau local, maintenir des services essentiels (pompiers, urgences et égouts), etc
    – pour tout cela, il faut collecter des taxes, donc générer de l’activité économique. une ville classique de l’ère capitaliste se spécialise dans certains secteurs (et se transforme en Détroit quand la situation économique change), une ville du futur se spécialise modérément ou plutôt, développe plusieurs secteurs d’excellence. Il faut également qu’elle se dote d’un “cachet”, ou d’une ambiance qui la rend différente des autres villes, qui incite les gens à venir et faire vivre l’économie locale. D’où l’intérêt du festival annuel de Zhouzi-les-bains (1 semaine de néohippies défilant dans les rues, un carnaval qui permet de se débarrasser de la tension accumulée toute l’année… Et parfois d’un rival gênant, le bordel aidant), les lois sur le bien-être collectif de Guandong-sur-Mer (drogues et armes interdites partout, tout le temps, mais une liberté sexuelle garantie même dans les parcs publics en plein jour), etc. On peut placer des microfabriques partout et les gens ne sont pas obligés de rester sur place (s’ils refusent de collaborer les délicats systèmes de contrôle environnemental et les infrastructures même de la ville se dégradent, et bien vite c’est New York 1997), donc si les gens vivent ici c’est qu’ils ont une raison pour cela

    Bien sur, il faut dans un coin la vieille ville, cette zone mi-touristique mi-ravagée aux mains des triades, des troglopunks et des hipsters retournés à l’état sauvage. Parce que bon, on ne fait pas de bon scénario avec des querelles de voisinage sur l’usage des biovélos dans le parc éco-connecté, hein
    Et tant qu’à faire, niveau contrôle social les quartier-villages c’est bien (ils se surveillent d’eux-mêmes) et quand ça part en couille on a vite fait de les isoler

    Voila. Des villes chinoises du futur, qui s’inspirent à la fois du confucianisme (ordre social, entraide, participation de chacun à la vie sociale), du taoïsme (rapport à la nature, liberté individuelle, mobilité) et du mohisme. Mo-tseu était un philosophe de la période des royaumes combattants qui mettait en avant l’égalité, la probité personnelle et l’humilité. Ca n’a rien à voir? Ses adeptes faisaient du kung-fu aussi, mais pas la guerre parce que la guerre, c’est mal selon le maître. Donc tant qu’à avoir des flics, autant avoir des flics qui sont jardiniers quand on a pas besoin d’eux et règlent les conflits à coup de paroles ou de tatanes volantes selon le degré d’agressivité. Et bien sur ils sont des milliers dans la ville, tu en refroidi un et il en viendra 1d6 par tour de combat avec des armes de moins en moins gentilles

    Pour les inspis visuelles, une recherche sur DeviantArt remonte quand même beaucoup de villes classiques dans leur conception, et surtout très occidentales. Personne ne rêve d’immeuble en bambou apparemment

    Répondre
    • La Fédération des hautes-terres, dans l’univers d’Erdorin / Tigres Volants, n’a pas grand-chose à voir avec la Chine contemporaine, notamment parce que la Chine a été rasée en 1992 par la Troisième Guerre mondiale.

      Cela dit, il y a beaucoup – qui a dit “trop”? – de bonnes idées là-dedans.

      OK, c’est moi qui dis “trop”, parce qu’en théorie, la Fédération des hautes-terres est une “nation non joueuse”; c’est le prototype de l’État fasciste 2.0 avec un gros département “communications” (“propagande”, c’est vulgaire) et il est rare que les personnages s’y promènent. Du coup, ton texte est super-intéressant, mais je doute en utiliser jamais plus de 10% (plus 15-20% qui sont déjà plus ou moins prévus).

      Répondre
      • Ouais, je sentais bien que c’était un peu trop utopique pour un état qui fait de l’expérimentation sociale en Chine, mais si ça peut servir ailleurs hein
        Ceci dit, on peut très bien faire des villes calquées sur Pyongyang avec des avenues prévues pour faire défiler des chars, puis rajouter de la verdure pour faire de la “communication visuelle”. De même, aller piocher de grands noms et de l’idéologie dans l’histoire pour justifier pourquoi vivre dans cette ville en gagnant 3 neoyuan par mois est un honneur et en harmonie avec les Lois Sociales Universelles

        Et si le problème, c’est le contraste entre “Copacabana sous les étoiles vs les Hautes Terres sous les bottes”, n’oublions pas que la prop.., pardon la communication éducative et bienveillante s’adresse à tout le monde, tout le temps, et vise autant à dress.., pardon guider vers un optimum harmonieux autant les corps que les esprits. Les mondes à la 1984 ça ne marche pas trop bien (sauf le Kimland, mais c’est un cas géopolitique particulier), les gens obéissent mieux quand on leur laisse quelques raisons d’espérer, un jardin et des espaces de créativité (avec une discrète pierre marquant l’endroit où le dernier zigoto joueur s’est fait dessouder arbitrairement, comme ça il participe à “l’harmonie sociale” malgré tout)

        Et puis bon, des poursuites entre gangsters (ou gentilshommes de fortune, comme voudrons s’appeler les joueurs) il y en avait aussi en URSS, simplement la pravda n’en parlait pas. Et ils avaient intérêt à avoir de la famille au KGB pour les moins dégourdis, aussi

        Répondre
        • Non, honnêtement, c’est plein d’idées géniales pour quand je voudrai écrire un supplément pour Tigres Volants / Erdorin sur la Fédération des hautes-terres, mais d’abord faut que j’écrive le livre de base. Si ça se trouve, je te demanderai même à toi d’écrire ça, ça peut être fun.

          Répondre

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :