Chroniques, critiques et protocoles

Il y a quelques temps, je suis tombé par hasard sur les réactions de fans d’un groupe dont j’avais fait une chronique plutôt négative (je ne vous dirai pas de qui il s’agit, je pense que vous trouverez très bien tous seuls et le but de ce billet n’est pas de les casser). En soi, pas de souci; ça fait partie du jeu. Je reviens sur le sujet à cause d’une remarque, qui était (en gros) que je n’avais pas écouté l’album.

À ceci, je réponds: “LOL!” Enfin bon, en vrai, je n’y ai pas répondu directement, mais c’était ma réaction. Mais, puisque, même de façon aussi informelle, la question est posée (et qu’en plus, Brand vient de publier la traduction d’un très intéressant article sur l’analyse de jeux), je vais quand même revenir sur ce que j’appellerai mon “protocole de critique”.

Encore que “protocole” est un bien grand mot, c’est plus une série de pratiques que je me suis imposées, de façon informelle et au fil du temps, pour les différentes œuvres (musicales, littéraires, cinématographiques, ludiques ou autres) que je chronique sur ce blog. Du coup, cet article permettra de poser les choses de façon un peu plus claire pour moi aussi, notez. En fait, c’est un protocole qui correspond à ce que l’on pourrait appeler mes habitudes de consommation.

Avant toute chose, je rappelle que c’est mon blog, et que dans “mon blog”, il y a “mon” et “blog”. En d’autres termes, ce que j’écris dans ces pages ne sont pas grand-chose de plus que mon avis personnel intime du dedans d’à moi que j’ai. On appelle aussi cela une opinion, par opposition à un fait avéré. J’essaye toujours de faire en sorte d’éviter les déclarations péremptoires (ou alors par effet comique), précisément parce que j’ai conscience que mon avis n’engage que moi, et encore.

En général, quand je chronique un album de musique, je l’ai déjà écouté entre six et dix fois, au moins (soit un total entre quatre et douze heures, suivant les albums), dont au moins une fois au casque. Le plus souvent, j’écoute de la musique en faisant autre chose, devant l’ordinateur, mais j’essaye toujours d’avoir une écoute complète “en immersion”. Et quand j’écris la chronique, j’ai toujours l’album en écoute.

Pour les films et les bouquins, c’est différent: mon impression se base sur un seul visionnage ou une seule lecture; en même temps, il est passé le temps où j’avais tendance à aller voir trois fois de suite un film que j’avais bien aimé. Pour les séries télé, j’essaye de chroniquer à la fin de la saison en cours, ou de la totalité d’icelle, dans le cas des séries courtes.

Il n’y a que pour les bandes dessinées où je me base sur plusieurs lectures (deux ou trois, le plus souvent). Quant aux jeux, j’essaye de faire une partie avant d’en parler, mais ce n’est pas toujours possible.

Il est aussi très rare que je chronique quelque chose que je n’ai vraiment pas aimé. Et, dans ce cas, soit c’est parce qu’il s’agit d’une suite à quelque chose que j’avais plutôt aimé, soit il s’agit d’une œuvre qui promettait bien plus qu’elle ne tient. Si je n’aime vraiment pas, je ne chronique pas et, quand je chronique, j’essaye toujours de trouver des qualités rédemptrices. Oui, il y a (ou, en tous cas, il y a eu) des exceptions.

Une partie très importante de ce protocole est que j’autorise, voire j’encourage les commentaires. Si vous n’êtes pas d’accord avec mon avis, que vous pensez que j’ai de la merde dans les yeux, les oreilles et le tas de viscères qui se situe entre les deux, vous avez le droit de me le dire. Vous avez le droit de me le dire plus poliment, cela dit. Il se peut même que je change d’avis.

Je me suis déjà exprimé longuement sur le sujet: je pense que les critiques sont partie intégrante du processus de création, voire une partie primordiale d’icelui, puisque permettant au public de parler à l’artiste, de la même façon que celui-ci le fait avec le public à travers son œuvre.

Ceci dit, il y a critique et critique. Écrire que le dernier album/livre/jeu de GaZoBuMeu, saydlamayrd™, ça n’est pas très constructif. Notez qu’il y en a des, comme Nioutaik ou Odieux Connard, qui font ça très bien, mais je considère que c’est plus du domaine de la parodie que de la critique. L’idée est de non seulement dire si on a aimé (#oupas), mais aussi pourquoi.

Je vous recommande d’ailleurs de lire, outre l’article traduit par Brand mentionné ci-dessus, un excellent diptyque de billets signé Lionel Davoust (lui-même auteur à succès), intitulés Oui, la critique peut être objective.

(Image par Ankisc via deviantART sous licence Creative Commons – partage dans les mêmes conditions.)

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2 commentaires sur “Chroniques, critiques et protocoles”

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