City Hall, tomes 2 et 3

Il m’a fallu un petit moment avant de me relancer sur la suite et fin de City Hall, ce manga français steampunk-délire mettant en scène Jules Verne, Arthur Conan Doyle et Amelia Earhart face à un génie criminel masqué, ce dans un monde où le papier est une arme de destruction massive et bannie en tant que telle depuis deux siècles.

Je ne saurais trop dire ce qui m’a retenu: probablement un problème de format, car je ne suis pas vraiment un fan du manga en tant que média. Et, à vrai dire, la lecture s’est avérée beaucoup moins simple que prévu: à 160 pages le volume, c’est vraiment très dense, avec certaines pages presque aussi chargées que dans une bande dessinée européenne.

Qui dit “dense”, dit souvent également “bordélique”; dans le cas présent, il y a de ça, mais c’est le plus souvent assez gérable, même si j’avoue avoir passé très rapidement un certain nombre de combats vraiment pas clairs. Je soupçonne que c’est aussi un défaut du format, qui tente de faire tenir des scènes dantesques en livre de poche.

Le scénario (signé Rémi Guerin) de la série est complexe et, en même temps, très bateau: le grand méchant a un plan machiavélique, les autorités sont débordées, les héros sauvent la situation, péripéties, trahisons, patin-couffin. C’est très bancal, mais c’est un peu comme du vélo sur une corde raide au-dessus du Grand Canyon: si ça ralentit, ça se casse la gueule. Du coup, ça va à deux cents à l’heure.

De nouveaux personnages font leur apparition (Mary Shelley, Harry Houdini et Georges Orwell – que les auteurs auraient pu appeler Eric Blair, histoire de brouiller un peu les pistes), parfois à contre-emploi et presque toujours sous une apparence improbablement juvénile. On est clairement dans le cadre des clichés habituels des scénarios de mangas, avec le gros avantage que ça se boucle en trois volumes (même s’il y a une suite prévue).

Les vrais points forts de la série, ce sont, d’une part, un dessin impeccablement maîtrisé par Guillaume Lapeyre, même s’il fait très style-genre et, d’autre part, un humour fait de références décalées, de répliques qui tuent et de jeux de mots foireux (qui aura remarqué la boutique du tailleur à l’enseigne “Isritch”?). J’avoue bien aimer également le contexte steampunk-futuriste de la série, même si ça vire souvent dans le nawak.

Au final, sans vouloir aller dans les critiques dithyrambiques citées en bandeau sur le troisième volume, j’ai trouvé dans City Hall une série plutôt plaisante. Loin d’être parfaite, elle possède néanmoins plus de bons que de mauvais côtés.

Pour soutenir Blog à part / Erdorin:

Blog à part est un blog sans publicité. Son contenu est distribué sous licence Creative Commons (CC-BY).

Si vous souhaitez me soutenir, vous pouvez me faire des micro-dons sur Flattr, sur Liberapay, sur MyTip ou sur uTip (si vous n'avez pas de sous, uTip propose également de visionner des pubs). Je suis également présent sur Tipeee pour des soutiens sur la longue durée.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Commentaire sur “City Hall, tomes 2 et 3”

%d blogueurs aiment cette page :