Etosha Pan

Climat: le fond de l’air n’est plus très frais

Ces derniers jours, j’ai vu passer sur les réseaux sociaux deux documents venant de deux sources différentes et qui parlent d’action concrètes pour lutter contre le changement climatique.

L’une était une infographie du site Novethic montrant un éventail de mesure pour limiter la hausse de la température à 1.5°C d’ici à 2030. L’autre était une liste de quatorze actions concrètes compilée par Attac France – ainsi que des mesures de justice fiscale, mais ce n’est pas exactement le sujet ici. L’une comme l’autre sont plutôt brutales.

J’ai lu ces deux documents et je me suis dit que oui, ce serait une vachement bonne idée. Genre, urgence vitale, tout ça. Le plus difficile pour moi serait le rationnement de café.

Rappel: à la base, je rentre plus facilement dans la catégorie « vieukon » que « perdreau de l’année ». Ce que j’entends par là, c’est qu’il y a des chances non nulles pour que je sois canné quand les conséquences vraiment catastrophiques du changement climatique se feront sentir dans nos contrées. Et je n’ai pas d’enfants, donc, à un niveau personnel, les « générations futures », je m’en tape un peu.

Si – par un hasard miraculeux – on en venait à promulguer demain des lois qui vont dans ce sens, j’aurais probablement pas mal à y perdre en terme de confort individuel, mais ça me paraît un sacrifice acceptable.

Ce qui me mystifie, c’est de voir des gens qui ont trente ans de moins que moi – et qui donc vont se taper le bordel de leur vivant – hurler à la “dictature des Khmers Verts” (fort délicate comparaison, au passage; ça fait toujours plaisir de se faire comparer à des génocidaires). Ou d’autres juger que ce n’est pas réaliste parce que tel ou tel point.

Ce qui n’est pas réaliste, en ce moment, c’est de nier les changements dans la biosphère terrienne, ou de minimiser leurs effets. Invoquer la sacro-sainte croissance économique – c’est à peine une image, on est dans le domaine de la pensée magique sur ce point – est limite criminel. Et il faut bien se rendre compte que, plus on attend, plus les efforts à fournir pour empêcher la catastrophe vont être contraignants.

Quant à l’idée que la technologie va résoudre le problème, c’est absurde: le solutionnisme technologique est une bonne partie du problème. La géo-ingénierie, un exil vers Mars, même la voiture électrique, tout ça ne résoudra rien, pas dans le laps de temps qui nous reste pour réellement agir. Au pire, ça fera s’aggraver les choses.

Et qu’on ne vienne pas m’assener l’argument « ça ne sert à rien si on est les seuls à le faire ». Au contraire: on est les seuls à pouvoir faire quelque chose à notre niveau. Attendre sur les autres est illusoire et on aura sans doute plus de crédibilité si on peut dire « nous, on l’a fait ! ».

C’est un peu la même histoire avec les comportements individuels: le trip « éteindre la lumière en sortant, ne pas laisser les appareils en veille, couper l’eau en se brossant les dents », c’est un peu ridicule et infantilisant, surtout en regard aux gaspillages massifs d’électricité (par exemple, les écrans publicitaires dans les lieux publics), mais ça contribue à faire changer des mentalités. Ce n’est juste pas une fin en soi.

Par contre, si vous voulez contribuer de façon plus efficace, je peux déjà vous conseiller de ne plus voter pour des candidats qui n’affichent pas une intention ferme de s’attaquer au changement climatique – et d’éliminer dans les urnes tous ceux qui ne le font pas.

À ce stade, on va arriver à court de biosphère avant d’arriver à court d’excuses.

(Photo de couverture: cuvette d’Etosha, photo prise par moi-même, sous licence Creative Commons)

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