“Comme un automate dément reprogrammé à la mi-temps”, de Laurent Queyssi

C’est François qui, le premier, avait évoqué sur son blog cet étrange recueil de nouvelles au titre non moins étrange: Comme un automate dément reprogrammé à la mi-temps, de Laurent Queyssi.

Huit histoires bizarres, où les protagonistes jouent – souvent contre leur gré – avec la notion de réel. C’est le deuxième recueil de nouvelles en peu de temps où je mentionne les mânes de Satoshi Kon, mais il faut quand même avouer que, dans ce cas, ça tient quasiment du fil rouge. Ça et la musique.

Je mentirais si je disais que toutes m’ont plu, mais je dois avouer que celles qui sont bonnes – la majorité – sont vraiment excellentes. J’ai particulièrement apprécié “Sense of Wonder 2.0” avec son univers dystopique corporate et sa conclusion, “La scène coupée (Fantômas 1963)”, hommage au plus célèbre génie du mal du cinéma français, ainsi que “Planet of Sound”, qui mélange et condense Interstella 5555 et Armageddon Rag avec une touche de X-Files.

J’ai également un faible pour “Nuit noire, sol froid”, qui ne peut que parler au créateur d’histoire qui sommeille en moi (quelque part sous la graisse et la flemme) et dont le retournement final est un petit bijou. Dans une moindre mesure, j’ai aussi aimé “Fuck City”, une histoire de monde parallèles et son protagoniste cynique et détestable. “Rebecca est revenue”, une histoire de passage à l’âge adulte sur fond d’univers virtuels est intéressante pour son côté fable.

La nouvelle-titre éveille en moi des sentiments ambivalents, amusante par sa description du petit monde des séries US et, à côté de cela, une intrigue et une conclusion trop courte pour être réellement intéressante, malgré un petit feeling Ready Player One. Enfin, n’étant pas un fan de Philip K. Dick, “707 Hacienda Way” ne m’a pas particulièrement émoustillé.

Donc, à mon goût, ça fait quand même six excellents textes sur huit, en posant que, dans le septième, il y a du très bon et que le huitième ne m’a juste pas parlé. On peut parler de bilan positif en sombrant profondément dans l’euphémisme de combat. Comme un automate dément reprogrammé à la mi-temps est un très chouette recueil, qui donne envie de lire d’autres textes de Laurent Queyssi.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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