Comment (ne pas) faire de la direction artistique

Ou: “le lupanar s’illustre”. Car, à l’heure où je vous écris, les fichiers du Secret du Domaine des trois sources – autrement dit, de la campagne lupanar – devraient être sur les serveurs de l’imprimeur. L’occasion donc pour moi de revenir sur tous les ratés qu’a connu la direction artistique de ce projet.

Alors bon, posons tout de suite le point suivant: grâce aux efforts et aux talents conjugués de Nathanaël Fis, LohranSébastien Lucas, Arnaud Stouffs, Le PiXX et X-aël, plus Psychée pour les études préliminaires, ça va être beau. Quelque part, j’ai un peu l’impression que ce ne sera pas grâce à moi.

Voyons les choses du bon côté: j’ai appris plein de choses dans ce projet. Le souci, c’est que ce sont des choses que, après un livre de base et quatre suppléments, j’aurais dû quand même déjà savoir. Notamment qu’il n’est jamais une bonne idée de considérer le contexte comme acquis.

J’entends par là que c’est bien beau de fournir aux illustrateurs les liens vers tout un tas de référence et même une bible graphique si on n’explique pas dans la description des illustrations ce qui est quoi. Genre, un Atalen, dans l’univers de Tigres Volants, ça ressemble à quoi?

Une idée qui était bonne (coûteuse, mais bonne), c’était de demander des études pour les personnages principaux et récurrents, mais je ne l’ai pas poussée assez loin. Le plus gros souci que j’ai eu, c’est d’arriver à expliquer que les lieux où se déroulent une grande partie de l’action ne sont pas de culture terrienne. Du coup, j’ai un Domaine des trois sources qui, vu par quatre illustrateurs différents, ne ressemble pas deux fois à la même chose.

Au niveau délai ce fut aussi sans doute un peu juste. Le fait que deux illustrateurs aient dû abandonner le projet en vol n’a certes pas aidé, mais plus généralement, Ca aurait pu être mieux planifié, surtout pour ce qui est de la couverture, qui a été pour moi un peu cauchemardesque, en ce que je n’avais pas la moindre idée de quoi mettre dessus. Là encore, c’est le talent de Le PiXX qui a fait la différence.

Objectivement, un projet comme ce supplément est quand même sacrément complexe. Au niveau du nombres des illustrations (en 128 pages, une dizaine de pleines pages, une cinquantaine de demi-pages, plus les portraits – dont certains à gérer d’après photo, woohoo!), il est sans doute sérieusement overkill (le budget total approche les €5000). Cela dit, c’est sans doute le dernier supplément de la gamme Tigres Volants, cela mérite donc un certain lâchage. Soyons festif.

Si je devais refaire un projet comme celui-ci, je pense que j’investirais plus franchement dans une série d’études, non seulement pour les personnages principaux, mais également pour tout ce qui est décors, architecture et design. L’idéal serait d’avoir une conception graphique à l’image de ce qui se fait dans les jeux vidéos, mais c’est le genre de chose que peu de budgets rôlistes peuvent hélas se permettre.

(Image de couverture © Le PiXX. On ne pompe pas sinon gnap!)

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