Continuum

Si vous devez voir une seule série qui parle de voyage dans le temps – Doctor Who étant hors compétition – la canadienne Continuum est un très bon candidat, ce d’autant plus qu’elle ne parle pas que de cela.

L’histoire s’attache à Kiera Cameron, ancienne militaire et officier de police à Vancouver en 2077, qui se retrouve embringuée contre son gré dans l’évasion des responsables d’un attentat particulièrement meurtrier, évasion utilisant une machine temporelle qui les envoie 65 ans dans le passé.

Assez rapidement, il est clair que si le gouvernement pour lequel Kiera travaille est une dystopie corporatiste qui ferait passer feu Thatcher pour une altermondialiste affable, le groupe qu’elle poursuit (du nom de Liber8) est objectivement composé d’idéologues illuminés, qui croient en leur propre propagande, et de psychopathes qui atomisent d’abord et discutent ensuite.

Comme si les choses n’étaient pas assez compliquées, il devient vite évident que le passage à travers le temps fait partie d’une conspiration plus vaste, qu’il y a d’autres voyageurs temporels en 2012 et que Kiera va avoir fort à faire pour maintenir sa couverture d’agent gouvernemental en mission plus-secret-tu-meurs dans un monde qu’elle ne connaît pas et face à des adversaires qui n’hésitent pas à raser un commissariat pour en faire sortir l’un des leurs.

Notre héroïne peut compter sur un certain nombre d’avantages technologiques, comme un ordinateur implanté dans son organisme et quelques gadgets utiles,. Elle a également des alliés plus ou moins sûrs, à commencer par un certain Alec Sadler, petit génie et avatar à peine adulte du magnat de l’électronique en 2077 (joué par William B. Davis, l’Homme à la cigarette des X-Files; on retrouve également plus tard Nicholas Lea, dans un rôle presque aussi haïssable que celui de Kricek).

La série n’est pas sans défaut. Celui qui m’agace de plus, et de loin, c’est la « hollywoodisation » de Kiera, qui mange fusillades et explosions sans que sa permanente ne bouge d’un iota; balèzes, les cosmétiques de 2077! Le côté « tout le monde conspire » est également agaçant par moments et l’usage du voyage dans le temps comme élément narratif ouvre la porte à des trous (de vers) scénaristiques majeurs.

Cependant, c’est une série qui est bien plus intelligente que la moyenne, plus terre-à-terre et moins dans l’esbrouffe à grand spectacle que des séries américaines du même genre. Elle est truffée de bonnes idées (mais aussi de maladresses), compte un certain nombre de personnages secondaires très attachants (comme Kellog, l’ex-terroriste opportuniste) et peut se targuer d’avoir des effets spéciaux plutôt réussis.

Pour le moment, il y a deux saisons (dix épisodes pour la première et treize pour la deuxième) avec une troisième confirmée et en préparation pour 2014. Si vous avez l’occasion de la voir passer, je vous la recommande chaleureusement.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. L'Ours dit :

    Intéressant. Je ne connaissais pas. Merci pour le tuyau 🙂
    L’Ours Articles récents…ElysiumMy Profile

  2. Brize dit :

    Je ne connaissais pas. Mais je testerai si j’en ai l’occasion !

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