Corpo-Mente

Corpo-Mente

Je crois que l’album de Corpo-Mente est une double illustration que, dans le domaine de la geekerie, quelle qu’elle soit, il y a une tentation à toujours aller plus loin dans le délire. Première illustration: cet album, du groupe éponyme, mélangeant death-metal et opéra lyrique. Deuxième illustration: le fait que ce soit une chronique de Fred Bezies qui m’ait incité à l’acheter et à le chroniquer à mon tour.

Corpo-Mente, c’est le dernier projet en date d’une bande de furieux français, que l’on retrouve dans des groupes aux noms aussi improbables que Whourkr, Igorrr ou Öxxö Xööx, évoluant dans des genres qui mélangent allégrement les variantes les plus bizarres de métal, le trip-hop, l’électro et le baroque.

Autant dire qu’avec Corpo-Mente, on est clairement dans l’expérimental. Du genre qui laisse des gros trous fumants en lieu et place des laboratoires et un certain nombre de créatures plus ou moins bizarroïdes dans la nature. Pour dire, au milieu des envolées baroques de la chanteuse Laure le Prunenec, j’ai trouvé dans cet album des accents me rappelant le « Taurus II » de Mike Oldfield, sur l’album Five Miles Out.

Je ne peux pas dire que je suis un grand fan de l’exercice: les dix pistes et quarante minutes de l’album me paraissent un peu longuettes. Pas que ce soit mal fait, loin de là, mais l’expérimental, je l’aime bien à petites doses, pour relever un album; en plat principal, c’est rapidement écœurant.

Il y a des choses intéressantes dans cet album, mais c’est quand même très exotique, parfois confus et, par d’autres moments, abscons. Il y a un côté « art pour l’art » que je ne suis pas certain d’apprécier complètement; je suppose que, malgré tous mes grands airs de hipster-avant-que-ça-soit-cool (on disait « baba » à l’époque), je reste attaché à des goûts plus terriens.

Quoi qu’il en soit, je vous conseillerais tout de même d’aller jeter une oreille sur cet OVNI, qui est à l’écoute sur Bandcamp et également disponible au téléchargement à prix libre, démarche que je trouve toujours aussi sympathique.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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