"Cryoburn", de Lois McMaster Bujold

“Cryoburn”, de Lois McMaster Bujold

En lisant Cryoburn, de Lois McMaster Bujold, je me suis replongé avec une certaine délectation dans une série de SF que j’avais beaucoup aimé il y a une décennie ou deux: la saga dite de Miles Vorkosigan ou de Barrayar – respectivement, le héros de l’histoire ou sa planète d’origine.

Classée avec plus ou moins de bonheur sous “science-fiction militaire”, cette série ressemble un peu à celle de Honor Harrington, mais avec moins d’enjeux à majuscules, moins d’action guerrière et beaucoup plus d’humour. On y suit donc le dénommé Miles Vorkosigan, fils “unique” d’un des piliers de l’empire de Barrayar, nation stellaire encore engoncée dans de vieilles traditions.

L’une de ces sympathiques traditions, c’est le pogrom de mutants; or, suite à un attentat aux gaz peu avant sa naissance, Miles souffre d’une forme de maladie des os de verre et de nanisme. Seulement, c’est une tronche, qui a l’avantage d’avoir comme parents un génie de la tactique et de la politique et une “galactique”, originaire d’un monde égalitaire et technologiquement avancé.

Croyburn, qui est à ce jour le dernier ouvrage de la saga, retrouve un Miles aux portes de la quarantaine sur la planète Kibou-daini, dont la culture, hormis une forte influence japanisante, semble centrée sur la préservation cryogénique des corps pas-tout-à-fait morts. Officiellement présent pour une conférence sur la cryoconservation, il est en fait mandé par son empereur pour, très littéralement, “aller fouiller les toilettes” – enquêter sur un montage financier bizarre d’une corpo locale partie s’établir sur une des planètes de l’empire.

Comme souvent dans les aventures de Miles, on a droit à des plans plus ou moins improvisés, plus ou moins géniaux et plus ou moins foireux, avec leur lot de catastrophes et de quiproquos douloureux. Dans le cas présent, la situation est plus complexe que réellement dangereuse et on a un peu l’impression que Miles est en vacances. Déjà, cette fois-ci, il ne meurt pas.

L’approche très “ras du sol” de la science-fiction de Lois McMaster Bujold n’est pas faite pour me déplaire, loin de là; je revendique clairement une influence “Barrayar” pour certains éléments de Tigres Volants. Même si les protagonistes ont tendance à évoluer dans les hautes sphères, on a tout de même droit à des scènes de la vie de tous les jours qui donnent un côté très vivant au “Vorkosiverse”.

Si l’idée de base est plutôt plaisante, j’ai trouvé le déroulement de Cryoburn un peu mou du genou. On est loin des aventures menées tambour battant, avec grosses explosions et menaces majeures, de beaucoup des autres romans. Miles enquête, grenouille, se perd, noue des contacts, monte des plans idiots; à part ça, il n’y a pas beaucoup d’action.

Le fait que le roman se termine sur un évènement certes important pour le personnage, mais somme toute anecdotique ajoute à cette impression d’un faux rythme et d’un volume de transition. Reste à savoir s’il y aura vraiment une suite: la saga s’étire quand même sur environ quinze romans et une poignée de textes plus courts.

Quoi qu’il en soit, Cryoburn m’a beaucoup amusé: il est bien écrit et très distrayant. Je ne le conseillerais pas à ceux qui ne connaissent pas la série, mais je m’en servirai volontiers comme exemple de pourquoi il faut la lire: ce n’est peut-être pas de la SF follement originale, mais le contexte est très bien pensé, les personnages intéressants et l’écriture bien enlevée.

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