Cult of Luna & Julie Christmas: Mariner

Cult of Luna & Julie Christmas: Mariner

C’est de saison: Cult of Luna vient de faire un album avec la chanteuse Julie Christmas. Ha ha (oui, j’ai un peu honte). Blague à part, ça s’appelle Mariner et c’est une tuerie. Et ma blague ne tient pas debout vu qu’il est sorti en avril de cette année.

Cult of Luna, c’est un groupe suédois qui opère habituellement dans un registre post-metal, genre Isis mais en plus méchant. Julie Christmas est une chanteuse américaine qui a déjà opéré dans des groupes de noise ou de post-metal.

Ceux qui s’attendent à une opposition de style « la belle et la bête » façon Nightwish risquent de déchanter: ici, c’est plutôt « la bête et la bête ». Cult of Luna ne change pas grand-chose à ses habitudes post-metal et la voix de Julie Christmas est certes un contrepoint clair aux vocaux growl, mais elle reste aussi dans les registres énervés.

Ce qui frappe d’emblée dans Mariner, c’est le format: seulement cinq pistes, mais plus de cinquante-trois minutes! On commence par un morceau de huit minutes et la durée augmente jusqu’à dépasser le quart d’heure pour le dernier morceau. Du costaud! On dirait presque du prog, c’est dire.

Au reste, on pourrait débattre de la filiation progressive: le post-metal étant dérivé du post-rock, lui-même descendant du rock progressif (par les femmes de chambres), je n’ai pas besoin de gratter beaucoup pour trouver des éléments progs dans cet album. Il y a certes le format, mais la construction des morceaux s’y prête pas mal. Au reste, il est difficile pour moi de dire quel est mon titre préféré, vu leur complexité.

Hormis la recherche dans la structure des compositions, Mariner apporte aussi une caractéristique musicale très intéressante dans les styles de chant. Julie Christmas n’est pas là pour jouer les potiches, son jeu vocal est un élément central de l’album et il apporte une intensité supplémentaire à des titres qui n’en manquent pas (notamment sur « The Wreck of SS Needle »). Elle apporte bien plus que le seul contrepoint que je trouvais manquer sur Vertikal.

J’ai néanmoins toujours un peu de mal avec les aspects les plus râpeux de Cult of Luna. C’est pas du post-rock éthéré pour grands sensibles, mais un machin implacable, qui passe l’entendement à la ponceuse rouillée dont le moteur aurait des ratés. Mais avec plus de décibels. Beaucoup plus.

Mais si on s’endurcit un peu les cages à miel et qu’on passe outre le côté « préparation d’artillerie pour adultes », Mariner est un sacré album, qui vous retourne et ne vous laisse pas respirer. Une bonne claque entre les deux oreilles, à écouter sur Bandcamp. Pour le coup, je regrette de ne pas les avoir vus quand ils sont passés à Lausanne, un des rares concerts qu’ils ont fait sur cet album, qui à l’origine n’était pas prévu pour être joué en live.

Ce n’est pas l’album de l’année 2016 – Earthside tient toujours la corde – mais il est bien placé dans les dix premiers.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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1 réponse

  1. K von Murphy dit :

    J’ignorais le terme « post-metal », merci de rajouter cette lacune à mon inculture. Quant au terme « préparation d’artillerie », ça résume bien, oui 🙂

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