Dark Sarah: The Puzzle

Dark Sarah: The Puzzle

Dans le monde du metal symphonique à voix féminine, il y a les groupes qui cherchent à se démarquer de Nightwish et ceux qui, comme Dark Sarah, se disent que fuck that, ils vont faire un album qui s’appelle The Puzzle et qui est exactement comme Nightwish, mais en mieux. En plus, ils poussent le vice jusqu’à être finlandais, aussi.

Dark Sarah, c’est donc du metal symphonique à grand spectacle, avec une méchante inspiration de musiques de films et une louche de folk pour faire bonne mesure. Au micro, on retrouve la soprano lyrique Heidi Parviainen, précédemment chez Amberian Dawn, accompagnée d’invités prestigieux: Tony Kakko (Sonata Arctica), Charlotte Wessels (Delain), Manuela Kraller (ex-Xandria) et tout le groupe Van Canto pour faire les chœurs.

Avec dix pistes plutôt courtes, autour de quatre et cinq minutes, The Puzzle ne dure que quarante-huit minutes. Ça peut paraître peu pour le genre, mais le groupe sait bien gérer le format court et on n’a pas une impression de trop peu.

Neoprog, à qui je dois cette découverte, a tout de suite fait la connexion avec le jeu de rôle, surtout pour le côté “magie et dragons sur thème grandiloquent”. Je dois avouer qu’il y a un peu de ça: The Puzzle a une bonne tête de metal pour rôliste. Personnellement, j’avoue sans peine avoir raté mon jet de sauvetage contre kitsch musical, mais je m’en fous.

Car, voyez-vous, si Dark Sarah reprend des thèmes ultra-éculés, le groupe n’a pas peur d’y aller à fond les ballons et, en plus, a les moyens de ses ambitions. Certes, les compositions sont classiques, mais c’est comme les recettes de grand-mère: même s’il n’y a pas de surprise, l’émotion est au rendez-vous.

Et, certes encore, c’est de l’émotion un peu artificielle, avec des formules musicales qui semblent sortir d’un comité de marketeux, mais ça fonctionne. La musique de Dark Sarah tape juste. “Island in the Mist”, qui ouvre l’album après l’intro “Breathe”, est une excellente entrée en matière et le groupe enquille à sa suite des compositions imparables.

Avec ce genre de méthode, le risque est que ça vire à la soupe. Soyons clair: ça arrive. “Ash Grove” et “Deeper and Deeper”, par exemple, ont des intros limite J-Pop et je pourrais aussi mentionner les envolées à la flûte et à la harpe de “For the Birds” ou le très kitsch “Dance with the Dragon”. De façon général, c’est la foire à la mélodie et les aficionados du gros-metal-qui-tape risquent la crise de diabète aigüe.

Mais pour un dérapage de ce genre, on a aussi des moments de grâce, notamment les deux dernières pistes, “Aquarium” et “Rain”. Je suis content de voir que Heidi Parviainen est parvenue à sortir d’Amberian Dawn, qui est un des groupes les moins enthousiasmants que j’avais chroniqué dans ce registre.

The Puzzle est la preuve qu’on n’a pas besoin d’être forcément être über-créatif pour faire quelque chose de cool. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle, vous me direz, mais avec de l’énergie, de l’intensité et un concept solide, on obtient un truc qui tient bien la route. C’est un peu du metal blockbuster et, d’ailleurs, il paraît que les jeunes de nos jours appellent ça du “metal cinématique”.

En tous cas, moi j’aime bien, mais c’est vrai que ça fait très “plaisir coupable”.

Bonus: la vidéo de “Little Men”

 

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