Deluge Grander: The Form of the Good

Il faut avouer: le rock progressif, c’est quand même pour beaucoup une musique de vieux. Même des groupes récents, comme Deluge Grander, dont j’ai acheté le dernier album The Form of the Good, font dans le prog « à l’ancienne ». En soi, ça ne me dérange pas quand ils apportent une touche de modernité et/ou d’originalité au genre. Black Bonzo ou Glass Hammer, pour donner deux noms au hasard, font ça très bien.

Dans le cas présent, s’il n’y avait la date, rien ne laisserait présager que cet album n’est pas une réédition vieille de quarante ans, un truc pondu dans la foulée du Trespass de Genesis. La musique sent le vieux; soit. La production sonne à peine plus moderne et même la pochette fait non seulement vieux, mais également amateur. Ce qui m’agace, c’est que Deluge Grander est visiblement capable de faire autre chose que de recycler des standards mérovingiens.

Car, malgré tout ce que je peux en dire précédemment, The Form of the Good est un album qui tient plutôt bien debout. On y trouve une volée de morceaux instrumentaux de bonne facture, notamment l’excellent « Aggrandizement ». Le quatuor US (originaire de Baltimore) s’est entouré d’une petite smala de musiciens qui apportent quelques touches presque originales: au lieu de sonner comme du Genesis des années 1970, certain morceaux rappellent plus le UK des années 80; c’est un peu mieux. Comme j’adore le violon, cette façon d’invoquer les mânes de UK et Kansas me fait beaucoup pardonner à Deluge Grander.

Bref, The Form of the Good est à conseiller à ceux qui aiment le prog vieilli en fût de chêne, façon vieux cognac, et qui pensent que rien de bon n’a été composé depuis The Wall. Pour leurs prochains efforts, il serait bon que Deluge Grander se rappelle que le XXIe siècle, c’est bien aussi.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. Thias dit :

    À mon avis, il y a quarante ans, personne n’aurait sorti une pochette avec une fonte aussi raisonnable…

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