“Demain, une oasis”, de Ayerdhal

C’est un hasard qui m’a fait lire, presque en parallèle, Anamnèse de Lady Star et ce Demain, une oasis signé Ayerdhal et, du coup, j’y trouve quelques points communs: de la science-fiction française, une civilisation hypertechnologique dystopique, une certaine réécriture de l’Histoire et l’espoir d’un monde meilleur (ce qui va de pair avec les dystopies, en général; ou alors c’est à se flinguer).

Bon, après, ce n’est pas exactement la même ambiance. Déjà, Demain, une oasis s’articule autour d’un seul personnage, protagoniste et narrateur. Le lecteur ne le connaîtra que sous son surnom “l’Interne”, donné par ceux qui l’enlèvent de son boulot bien pépère de médecin-technocrate auprès d’une organisation internationale basée à Genève.

Du jour au lendemain, le voici dans un village troglodyte désertique de la Corne de l’Afrique à soigner comme il peut des blessés et des malades, soulager des mourants et enterrer les corps des laissés-pour-compte de la planète, l’Afrique qui meurt de faim et de soif pendant que la “civilisation engloutit des sommes faramineuses dans la conquête spatiale.

Ce bouquin m’a parlé pour une raison évidente pour ceux qui suivent ce blog depuis quelques années et qui ont sans doute suivi mes pérégrinations professionnelles en Éthiopie ou au Bangladesh. Toutes proportions gardées, l’aide humanitaire, je connais un peu: je bosse dedans. Comme graphiste, certes, mais quand même. Et puis des romans de SF qui ont pour cadre l’Afrique, il y en a certes, mais pas bézef.

Au-delà d’un attachement personnel au thème et au décor, j’ai trouvé Demain, une oasis plutôt bon, mais assez inégal. Il y a des fluctuations de rythme et, surtout, de style, un peu déconcertantes. Alors que le reste est plutôt sérieux, voire aussi aride que son sujet, le deuxième tiers bascule volontiers dans le satirique, voire le burlesque. On pourrait dire que ça se justifie par un changement de décor, mais c’est bizarre tout de même.

Du coup, sans aller jusqu’à dire qu’il y a à boire et à manger dans ce bouquin (ce qui serait d’encore plus mauvais goût que mes métaphores habituelles), je le recommande globalement, mais avec un caveat sur certains passages, moins réussis que d’autres. Demain, une oasis est cependant une lecture très plaisante et, si le livre date d’il y a vingt ans, il a plutôt pas mal vieilli.

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