Derivate EP

Derivate EP

À Genève, on a pas mal de bons groupes de metal, mais on ne peut pas dire que le metal progressif soit sur-représenté. D’où l’intérêt de groupes comme Derivate et de leur premier album, un EP au même nom, que j’ai récupéré à la suite de leur prestation au festival Octopode.

Quand je dis « intérêt », ce n’est pas par flagornerie: j’avoue que je n’avais pas été particulièrement impressionné par leur performance scénique et que j’attendais de pouvoir écouter cet album au calme. Il faut dire que le prog-metal de Derivate est du genre énergique et énervé, pas mal « brut de décoffrage », s’apparentant pas mal à The Erkonauts dans un style un peu moins déjanté.

Derivate est donc un EP divisé en cinq « mouvements » – voilà déjà qui est très prog – entre quatre et neuf minutes. L’ensemble dure un peu moins d’une demi-heure, ce qui est très honorable et, au vu du genre, une longueur tout à fait appréciable.

Car Derivate joue beaucoup sur les contrastes et les changements soudains d’atmosphère: trois minutes de brutalité, deux minutes d’arrangements complexes, une minute acoustique et on repart dans l’agressif.

C’est ambitieux. Surtout les parties complexes qui peuvent régater avec celles des grands noms de la scène prog-metal, tendance ultra-technique. Arriver à poser des compositions pareilles sans donner l’impression de tourner en rond n’est pas donné à tout le monde. Ambitieux et maîtrisé, donc.

Après, le style énervé n’est pas exactement ce que je préfère, surtout quand Derivate se rappelle de ses racines punk hardcore. Dans les paroxysmes de ces périodes, la voix plus hurlée que chantée a tendance à m’agacer.

Mais, même si c’est un peu tout mélangé façon gloubiboulga de guerre avec des gros grumeaux, les parties les plus prog de Derivate méritent que l’on s’y attarde. Cet EP, qui date de 2014, contient de belles choses et les promesses d’un réel talent.

L’album n’est plus dispo en CD – j’ai dû prendre un des cinq derniers – mais on peut l’écouter sur Soundcloud (un p’tit Bandcamp ne serait pas du luxe) ou regarder la vidéo de « Movement V: Cycle » ci-dessous.

 

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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