Deus Ex Machina à L'Écurie

Deus Ex Machina / The Erkonauts / Hypocras à Genève

Ce samedi, c’était non seulement une soirée métal à Genève, mais, avec Deus Ex Machina, The Erkonauts et Hypocras à l’affiche de L’Écurie, c’était une soirée métal genevois, de bleu! Après ce que l’on pouvait clairement définir comme une bonne grosse semaine de merde, j’avais besoin de ça.

Un mot sur la salle: c’est la première fois que je découvrais L’Écurie, un de ces bars autour de la gare qui tient à la fois du café de quartier, du squat autonome et de la salle de concert. On y croise les habitués, des affiches nous promettent le Grand Soir des anars et des soirées de solidarité africaines et, soudainement, une centaine de métaleux y déboulent, s’agglutinent dans la petite salle attenante et ça pogote à en faire trembler les murs. Et ils ont des chouettes bières.

Bien évidemment, si l’affiche annonçait 20 h 30, les concerts n’ont commencé qu’une bonne heure plus tard. Au temps pour la précision helvétique. Au reste, j’ai l’impression de n’aller qu’à deux types de concerts: ceux qui commencent à l’heure et où j’arrive en retard et ceux où j’arrive à l’heure, mais qui commencent en retard. Ça doit être un don.

C’est Deus Ex Machina qui ouvre le bal: jeune formation locale, elle balance du death mélodique, avec quelques éléments électro. Emmenés par Stephany, growleuse en chef, les cinq musiciens “envoient la saucée” (prononcer “saucéille” pour faire genevois) sur cinq titres et font déjà bien bouger la bonne cinquantaine de personnes présentes devant la scène.

Le death n’est pas vraiment ma tasse de thé – ou ma canette de bière, pour être plus dans le ton – à moins d’être très mélodique ou symphonique. Pourtant, j’avoue que la prestation de Deus Ex Machina m’a plutôt convaincue. Il y a une certaine recherche dans la mélodie et des musiciens qui tiennent bien la route. Il y a du potentiel – que l’on peut retrouver dans une démo de trois titres sur Soundcloud.

The Erkonauts est le deuxième groupe à monter sur la scène. Ça fait juste deux fois que je les vois en concert en moins d’un mois, les gens vont finir par jaser. Ales Campanelli, chanteur et bassiste du groupe, fête ce jour son anniversaire; moi, j’invite mes potes à une fondue, lui invite les siens à faire un concert de métal. C’est un autre style.

Au moment où le groupe entame les hostilités, la salle est presque pleine – 100-120 personnes, à vue de pied. Évidemment, le “punk-métal progressif” – délicieux oxymore – de The Erkonauts est le remède parfait aux soirs de blues: ça balance des watts en pagaille, ça bouge dans tous les sens, c’est la fête!

Le groupe conclut par deux rappels, en faisant promettre au public de rester pour Hypocras. On va dire qu’ils ont été entendus – encore que je soupçonne que les folk-métaleux aux peintures de guerre n’ont pas trop à craindre une désaffection de leur propre public – puisque c’est une petite centaine de furieux qui sont encore dans la salle quand le groupe attaque son set, en haillons et couvert de maquillage façon “hommes des bois”.

À vrai dire, ça faisait un moment que je voulais entendre ce que donnait Hypocras, dont on m’avait beaucoup vanté les qualités musicales. J’avoue que j’ai été un peu déçu, mais c’est de ma faute: j’attendais une variante locale d’Eluveitie et j’ai eu surtout du death-thrash métal avec un flutiste. Je pense aussi que j’étais un peu fatigué et que l’ambiance lourdingue du début du concert – insultes-pour-rire et pogos beaucoup trop enthousiastes pour un vieukon dans mon genre – y a été pour quelque chose.

Il faut quand même leur laisser ça: ils savent faire bouger les gens! Même si c’est typiquement le genre de musique que je préfère avec une solide dose de mélodie, le mélange entre le gros métal qui tâche et les rythmes folk font leur effet. Après, ça évoque plus les trolls en rut que les elfes diaphanes, mais, visiblement, ça plaît.

Il est heureux que ce concert ait eu lieu un samedi soir, parce que le temps de passer acheter quelques babioles au stand merchandising (merci Ales pour le t-shirt!) et dire au revoir aux derniers survivants, il était passé une heure du matin et j’ai tout juste pu attraper le dernier tram. Ça fait des longues journées.

Une petite sélection de mes photos – rendues difficiles par l’utilisation d’un nouveau matériel et un éclairage assez lacunaire – est visible sur Flickr, toujours distribué sous licence Creative Commons.

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2 commentaires sur “Deus Ex Machina / The Erkonauts / Hypocras à Genève”

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