« Dimension super-héros 2 »

Il n’y a pas grand-chose de plus frustrant que de tomber sur un bouquin dont le contexte vous attire mais dont le style donne l’impression que vous n’êtes pas le public-cible. C’est le sentiment que j’ai en reposant, après l’avoir terminé, Dimension super-héros 2, le second (pour le moment) recueil de nouvelles consacré à l’univers Hexagon (site en anglais, mais on peut aussi consulter l’article signé Romain d’Huissier, un des auteurs des anthologies).

C’est d’autant plus vexant que, dans l’ensemble, j’avais bien aimé le premier volume; en relisant ma chronique de l’époque, je m’aperçois que les quelques bémols que j’avais alors exprimé se sont amplifiés dans ce volume.

Pour dire les choses simplement: la plupart des textes donnent l’impression d’avoir été écrits à l’époque. De ce que je lis dans la préface, c’est voulu; soit, mais ça ne me réjouit pas: les nouvelles les plus “modernisées” de la première anthologie étaient justement celles qui m’avaient le plus plu.

Que je sois bien clair: je ne dis pas que c’est mal écrit ou quoi que ce soit du genre, juste que c’est un parti-pris éditorial auquel je n’adhère pas. Je n’ai jamais lu une seule des histoires originelles (je ne suis même pas sûr qu’elles soient jamais arrivées en Suisse, à l’époque) et, d’ailleurs, les histoires de superhéros, ça n’a jamais trop été mon truc. Ça doit faire moins de dix ans que j’ai commencé à m’y intéresser, et encore: via Warren Ellis et Alan Moore.

En fait, ça me rappelle les rétro-clones dans le domaine du jeu de rôle et, en musique, ce que j’appelle le rétro-progressif. Dans l’absolu, l’idée n’est pas mauvaise: remonter aux sources d’un genre pour retrouver une forme d’émerveillement – les bases, en quelque sorte – tout en l’adaptant à des méthodes modernes.

En quarante ans, le jeu de rôle a évolué, le rock progressif aussi et la façon de raconter des histoires de super-héros également. Ce qui me manque, dans la plupart des histoires de Dimension super-héros 2, c’est précisément ce côté moderne, cette remise au goût du jour.

Cela dit, ça n’empêche pas que certains des textes sont vraiment très biens. Mon préféré est sans doute “La terre gaste”, de Jean-Marc Laîné, une histoire très poétique qui met en scène Ozark le chamane, un des personnages dont l’histoire m’avait également bien plu dans le précédent. J’ai bien aimé aussi le dernier, “Valeurs” de Rafaël Lafarge, la chute d’un super-héros qui met bien en lumière le côté humain des personnages.

Mentions spéciales à “Le chant de nuit du voyageur” un court texte de Frank Schildiner, mais je soupçonne que j’ai surtout apprécié le dézinguage en masse de vampires, et à “Le dieu incomplet”, de Romain d’Huissier, dont l’idée de base est très séduisante.

Au final, Dimension super-héros 2 est une lecture que je dois surtout conseiller aux fans de l’univers Hexagon et à ceux qui inconditionnellement aimé le premier volume. Les amateurs d’histoires pulpo-superhéroïques – rôlistes ou non – y trouveront aussi de bonnes sources d’inspiration.

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