Dimmu Borgir: Abrahadabra

Jusqu’à peu, j’ignorais qu’il existait quelque chose de tel que du black métal symphonique. Grâce à Dimmu Borgir et leur dernier album Abrahadabra, me voici édifié. En même temps, je soupçonne que les genres absurdes sont au métal ce que les fantasmes surréalistes sont au porno (selon la règle 34): dès l’instant où on le mentionne sur Internet, quelqu’un l’a déjà fait.

À vrai dire, je ne pensais jamais acheter un album de ce groupe norvégien, principalement parce que le black métal n’est en règle générale pas ma tasse de thé, ni ma pinte de Guinness ou quelque métaphore de la même eau. Deuxième règle du métal: ne jamais dire jamais. Parce que c’est certes du black métal, mais symphonique. Et pas du symphonique pour rire, mais le modèle avec le gros orchestre de folie.

Musicalement parlant, c’est assez similaire à ce que faisait Therion il y a quelques années, en encore plues emphatique et avec plus de grognements, plus de gros riffs qui tachent, plus de tout, en fait. C’est ce qui m’a le plus frappé à l’écoute de l’album: on a somme toute une musique incroyablement variée, une sorte de mélange de métal, de symphonique à grand spectacle, de growl et de compositions qui s’approchent curieusement du progressif. C’est très travaillé, très complexe, très riche.

Les instrumentations, d’une part. Le mélange entre la musique orchestrale et le métal est très bien pensée et très bien intégrée; on n’a pas l’impression que l’orchestre symphonique est là pour faire mode. Qui plus est, ce n’est pas vraiment du métal à la papa, ni même le black métal à la papa – celui qui se contentait de répéter “Satan” très vite sur fond de riffs sursaturés pendant dix fois quatre minutes. Ici, on a une musique ciselée – OK, parfois à la ponceuse industrielle – et qui, par sa complexité, se rapproche du métal progressif. Il faut aussi mentionner le travail sur les voix, multiples et variées: des vocaux clairs, growlés, feulés, hurlés, vocaux féminins, chœurs; c’est la fête de la corde vocale plus ou moins torturée!

Si je devais trouver un petit défaut à cet album, c’est qu’il a le défaut de ses qualités: foisonnant, cet album a parfois quelques peines à garder une certaine homogénéité. On a parfois l’impression d’écouter une compilation de plusieurs groupes qui font sensiblement le même genre de musique, mais pas tout à fait. Si on prend par exemple “Chess with the Abyss” et “Dimmu Borgir”, qui lui fait suite, on a un morceau complexe, sombre et tourmenté qui précède une sorte d’hymne beaucoup plus lumineux, toujours métal, mais dans un style différent.

Cela dit, c’est un ressenti très mineur et qui n’enlève rien à la qualité intrinsèque de cet Abrahadabra d’anthologie. Quelque chose me dit que, si c’est le premier album de Dimmu Borgir que j’achète, ce ne sera sans doute pas le dernier.

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