“Discovering Scarfolk”, de Richard Littler

Discovering Scarfolk, de Richard Littler

Connaissez-vous Scarfolk? Cette riante cité de l’Angleterre rurale se réjouit de vous accueillir dans un cadre cordial et chaleureux. Ou pas. Discovering Scarfolk, de Richard Littler, est à l’origine un blog et, dans le cas présent, un petit bouquin qui se présente comme un guide touristique, mais qui cache une enquête entre fantastique urbain, misanthropie et humour absurde.

Sous-titré “Pour les touristes et autres intrus”, l’ouvrage se présente comme une double mise en abîme, l’enquête d’un chercheur (le docteur Ben Motte, du Journal international de taxidermie culturelle) sur la base d’un journal privé et de documentation rassemblée par un certain Daniel Bush, qui prétend avoir été séquestré à Scarfolk, une ville qui est perpétuellement figée dans la partie la moins ragoûtante des années 1970.

L’ouvrage contient donc une foule d’éléments de la vie quotidienne à Scarfolk – emballages, prospectus, affiches –, insérés comme autant d’illustrations du témoignage de Daniel Bush, avec en prime les commentaires du chercheur. Le tout baigne dans une ambiance bizarre, grotesque, où on hésite entre le frisson d’angoisse, le ricanement sarcastique et la franche rigolade, avec une bonne dose de WTF.

On apprend que tous les citoyens de la ville sont surveillés en tout temps, y compris dans leurs rêves, par un dispositif qu’ils ont eux-mêmes payés. Que le réseau du métro a une forme pour le moins étrange et que certaines stations ont tendance à disparaître. Ou qu’il y existe un culte secret basé sur les accessoires de bureau.

Discovering Scarfolk est un bouquin étrange, à la fois par son format que par son style. On pourrait peut-être lui reprocher de ne pas trop savoir sur quel pied danser, entre l’horreur, l’absurde et la satire, ainsi que le côté enquête fantastique, mais qui semble se dérouler dans un univers qui, même en dehors de Scarfolk, est très bizarre. Mais, l’un dans l’autre, la sauce prend plutôt bien.

En plus, on peut se repaître de petits détails glissés ça et là, comme le fait que le docteur Motte est mentionné comme décédé en 2014 (et qu’il est né et mort le 6.6), ou le fait que le nom du mystérieux maire de la ville est un anagramme de celui de l’auteur.

Discovering Scarfolk est un ouvrage amusant, qui aurait pu être vraiment génial s’il partait un peu moins dans tous les sens, stylistiquement parlant. L’anglais n’est pas non plus des plus aisés à lire, avec beaucoup d’expressions très britanniques – plus des références culturelles difficiles à saisir si on ne connaît pas un minimum la Grande-Bretagne des années 1970.

Mais même ainsi, c’est une mine d’inspirations pour du fantastique urbain, avec ses cultes étranges, ses administrations byzantines, ses pratiques socioculturelles incompréhensibles. Avec un peu d’effort, c’est très facilement réutilisable dans un contexte comme Unkown Armies ou The Laundry.

Et pour plus d’informations, lisez-de nouveau cet article.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :