Djizoes: Ichi Ten Dai

On dit que nul n’est prophète en son pays; je suppose que c’est particulièrement vrai pour le trio de métalleux genevois Djizoes, qui se prononce précisément « Jesus » à l’anglaise et qui vient de sortir son deuxième album, Ichi Ten Dai sur un label japonais (Outbreak Records). Avec une telle entrée en matière, je suppose que vous allez croire que je me fous de votre gueule, c’est pourtant la pure exacte vérité.

Si cet album devait avoir un maître-mot, ce ne serait sans doute pas « subtilité »: la musique de Djizoes, c’est du gros métal qui tache, à mi-chemin entre le hard rock sudiste et le nu-métal, avec quelques touches de prog façon Tool (« Pocket Kings »). Des morceaux comme « Billy the Winner », « The Machine », « Culbutos » ou l’excellent « The World is Undersized » (de près de neuf minutes), pour ne citer qu’eux, transpirent beaucoup de choses, mais pas vraiment la délicatesse.

À vrai dire, le titre de l’album lui-même, s’il doit pouvoir se traduire en quelque chose comme « la brigade de la maison numéro un », peut également se comprendre « Eat Shit and Die » – qui, comme par hasard, se trouve être le titre de l’avant dernier morceau de l’album. Une balade, d’ailleurs. Ça ne s’invente pas!

Je vais être franc: si Élise, de la Citadelle, ne m’avait pas mis l’album dans mon escarcelle, au milieu d’une demi-douzaine d’autres productions, je ne l’aurais sans doute pas écouté. J’avais acheté le premier album du groupe et il ne m’avais pas laissé un souvenir impérissable; quand bien même, ce genre de métal pur n’est pas vraiment ma tasse de thé. Mais, dans le cas présent, il est facile de se laisser transporter par l’enthousiasme et l’énergie qui se dégage de Ichi Ten Dai.

Il est bon de parfois ré-étalonner ses goûts en matière de musique et, de ce point de vue, Djizoes se présente comme comme un excellent standard en matière de métal. J’exagère un peu: sous ses dehors de brutasse sans complexe, l’album s’avère parfois plus subtil qu’il n’y paraît à première écoute. Dans tous les cas moshons genevois avec Djizoes – en espérant que leur célébrité asiatique ne les empêchera pas de venir faire un p’tit tour en là par vers chez nous!

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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