Epica à Genève

Dragonforce / Epica à Thônex

Ce qu’il y a de bien, avec les concerts d’Epica, c’est que ça permet d’aller voir du métal en famille, avec ma dame, son frangin et sa dame à lui. Bon, sauf quand ça se déroule dans un endroit improbable, genre Colmar.

Dans le cas présent, c’était à la Salle des Fêtes de Thônex, pas loin de Genève. Dit comme ça, ça ne paie pas de mine, mais l’endroit est quasi-mythique: j’y ai déjà vu Saga, Marillion, et même Iron Maiden. Cela dit, ça faisait bien vingt ans que je n’y avais pas remis les pieds, faute de programmation potentiellement intéressante.

Pour des raisons qui avaient beaucoup à voir avec les conditions météo – neige sur la route, conducteur en déroute – et un peu aussi avec l’hérédité de ma famille d’alliance, nous sommes arrivés passablement en retard. Du coup, on a complètement raté le premier groupe Diablo Blvd., et nous sommes arrivés au milieu du set de Dragonforce.

Ceux-là, je ne les connaissais que de nom – et aussi par un clip officieux illustrant un de leurs morceaux par une avalanche de mèmes – mais je savais à quoi m’attendre: un heavy-metal “à l’ancienne”, façon fin huitante, début nonante, à la Iron Maiden ou Helloween.

Sur scène, ça donne exactement ça, avec en plus une bonne humeur communicative, des musiciens qui visiblement s’amusent beaucoup dans leur pastiche plus ou moins assumé de power-métal à base de fantasy – de la vraie musique par et pour geeks, avec des références au jeu vidéo Castlevania. La présence d’un francophone – le bassiste Frédéric Leclercq – renforce encore l’adhésion du public.

Personnellement, ce n’est pas – plus – ma came, mais ça ne m’empêche pas d’apprécier. C’est typiquement le genre de musique qui, en concert, me fait rajeunir de, allez, bien vingt-cinq ans, à une époque où les groupes de métal progressif se comptaient sur les cordes d’une guitare basse.

Cela dit, c’est bien beau, mais on est venu pour Epica. Ça tombe bien: les voici qui montent sur scène et là, tout de suite, on change de registre: orchestrations massives, light-show de folie, chorégraphies capillaires et une musique qui, aussi léchée soit-elle, reste du pur métal. Le public ne s’y trompe pas: ça pogote massivement au centre.

Comme je suis vieux et fragile, je me suis placé sur les bords, au cinquième ou sixième rang, ce qui permet d’éviter les assauts des excités. La salle, qui peut tenir jusqu’à 1500 personnes, n’est peut-être pas entièrement pleine, mais il doit bien y avoir 1000–1200 métaleux là-dedans; ça fait de l’air quand ça bouge.

Le défaut du placement, c’est que le son est loin d’être parfait, mais c’est un peu le dilemme habituel du fan: soit on se colle tout devant et on a un son de merde, soit on se place près de la régie son, on a le meilleur son, mais on ne voit rien. Du coup, à défaut d’une acoustique parfaite, on en prend plein les mirettes.

Et laissez-moi vous dire que, dans les concerts, “plein les mirettes” n’est pas une exagération: les jeux de lumières sont somptueux, pouvant tour à tour évoquer une cathédrale de lumière, un environnement industriel ou les décors de Tron. Et encore: je soupçonne qu’au vu de la taille de la salle, on doit avoir droit au service minimum.

La seule déception de ce concert, c’est qu’Epica ne joue somme toute que très peu des morceaux de leur dernier album, The Quantum Enigma. Pour une tournée qui en porte le nom, c’est frustrant – doublement au vu du fait que c’est mon album préféré de 2014. Du coup, on a surtout droit à d’anciens morceaux; certains mêmes très anciens, comme “The Last Crusade” ou “Cry for the Moon”.

Soyons clair: Epica est un groupe qui mérite amplement son nom et, vieux morceaux ou pas, leurs concerts sont spectaculaires, grandiloquents et, même si on peut leur reprocher de donner dans la surenchère, le métal est un genre qui donne rarement dans la demi-mesure. Et c’est très bien ainsi.

Les lumières se rallument définitivement après plus d’une heure et demie de concert et un rappel. Epica laisse derrière eux un public ravi, des étoiles plein les yeux et des acouphènes plein les oreilles. Avec, en bonus pour ma part, une belle collection de photos prises avec un nouvel appareil (un Sony RX100II) qui n’a pas volé sa réputation.

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2 commentaires sur “Dragonforce / Epica à Thônex”

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