“Dreadnought”, de Cherie Priest

Une infirmière, veuve de frais, se lance dans la traversée du continent nord-américain, toujours secoué par une guerre civile qui dure depuis dix ans; c’est ainsi que l’on pourrait résumer Dreadnought, de Cherie Priest. Ce roman, qui peut tout aussi bien se lire de façon indépendante, est en quelque sorte la suite – techniquement, le troisième de la série “Clockwork Century” – de Boneshaker, même si ce n’est pas immédiatement apparent.

Là où j’avais trouvé ce dernier juste plaisant, j’ai été plus enthousiasmé par Dreadnought, même s’il n’est pas parfait. D’abord, le bouquin ne suit non plus deux personnages, mais un seul: Mercy Lynch, infirmière sudiste, forcée de traverser le continent dans sa (presque) plus grande diagonale, de Richmond à Tacoma – et donc de traverser le territoire de l’Union.

La première partie de l’ouvrage tient d’ailleurs plus du récit de voyage – un voyage de plusieurs semaines – en dirigeable, en train et en bateau sur le Mississipi. Éléments uchroniques et steampunk mis à part, le tout se lit presque comme une aide de jeu pour un univers western ou pour Castle Falkenstein.

Les choses se corsent quand l’héroïne prend place à bord du Dreadnought du titre, une locomotive surpuissante chargée de transporter un convoi officiellement civil, mais avec beaucoup trop de militaires et de secrets pour ne pas attirer des ennuis. Des gros, du genre à tirer à l’artillerie de marine… Et comme si ça ne suffisait pas, il y a les zombies.

À ce moment, le récit change de rythme et les scènes de combat à bord du train – décrites du point de vue de l’infirmière qui ne voit pas grand-chose à son déroulement, mais doit prendre en charge les conséquences – sont particulièrement efficaces.

Reste que le bouquin a deux problèmes: d’abord, un faux rythme imposé par la première partie (certes plaisante, mais dans laquelle il ne se passe pas grand-chose) et, ensuite, une fin qui tire un peu en longueur en cherchant à raccrocher les wagons – normal, pour une histoire de train – avec Boneshaker et qui manque de conclusion réelle.

Cela ne m’a pas tant dérangé que cela, tant l’ouvrage est plaisant dans son ensemble, avec un protagoniste bien campé et indépendant, un univers steampunk qui prend de l’épaisseur (et dont les éléments réellement steampunk sont rares et plutôt crédibles) et des scènes d’action que j’ai trouvé bien mieux maîtrisées que dans Boneshaker.

Bref, une excellente lecture; il faudra maintenant que je comble les trous avec Clementine et que je lise les autres ouvrages du cycle, Ganymede et The Inexplicables.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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