« Edge of Tomorrow », de Hiroshi Sakurazaka

Lors d’un assaut majeur contre les Mimics, les extra-terrestres qui ont envahi la Terre, la jeune recrue japonaise Keiji Kiriya, meurt. C’est ainsi que commence Edge of Tomorrow, roman – light novel, pour être précis – de l’auteur japonais Hiroshi Sakurazaka, dont est tiré le film avec Tom Cruise, dont je vous ai parlé hier (ou avant-hier, je me suis un peu pris les pieds dans les boutons).

On notera que la version française a repris pour titre celui du film, ainsi que l’illustration de couverture, alors que le roman japonais est paru originellement sous le titre All You Need Is Kill. Donc, nous avons un roman japonais avec un titre anglais, traduit en français également avec un titre anglais, mais pas le même.

Comme pour le film, on pourrait donc résumer le bouquin comme un mariage contre-nature entre Groundhog Day (Un jour sans fin en français) et Starship Troopers, mais ça serait très méchant, bien que superficiellement exact. En fait, j’ai trouvé dans ce bouquin des éléments qui m’ont aussi rappelé Catch-22 pour le côté absurde et déprimant de la guerre; je soupçonne également que le titre fait référence à la fois au Vietnam via la chanson des Beatles et à la mini-série Generation Kill sur la Seconde Guerre du Golfe.

Cela dit, il ne faut pas non plus trop chercher: on a ici un récit de science-fiction, façon science-fiction militaire revue et corrigée pour joueurs de jeux vidéos contemporains, du même niveau qu’un – très bon – Fleuve Noir Anticipation de la grande époque. Les light novels sont plutôt destinées à un public adolescent ou jeune adulte.

Du point de vue de l’histoire, on a un contexte qui n’est pas hyper-développé, mais qui apparaît au cours de la lecture comme bien pensé et cohérent. C’est crédible. La trame réserve son lot de surprises et de retournements. J’en ai compté au moins trois: le premier est plutôt prévisible, les deux autres beaucoup moins; j’ai été complètement surpris par le dernier retournement, même si en y repensant, c’est assez typique des histoires japonaises (indice: n’attendez pas de happy end).

Je ne sais pas trop ce que vaut la version originale japonaise – sinon qu’elle est illustrée par Yoshitoshi Abe, excusez du peu! – mais cette version française se lit très bien. C’est rythmé, les personnages sonnent juste – même si le lecteur habitué aux codes visuels du manga et de l’animé ne peut s’empêcher de visualiser certains des personnages secondaires, surtout féminins, comme autant d’archétypes du genre.

En résumé, Edge of Tomorrow/All You Need is Kill est un roman de science-fiction très agréable à lire, qui se lit d’ailleurs vite – il est plutôt court et je l’ai avalé en un peu plus de deux heures – avec un point de vue différent des histoires écrites par des auteurs occidentaux, sans être complètement obscur pour des lecteurs non-japonais. À mon avis, il est supérieur à sa version cinématographique, mais sans que cette dernière soit une trahison complète non plus.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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