Empowered, tome 8

Avec ce huitième tome de sa série de superhéro(ïne)s décalée et érotique Empowered, Adam Warren continue à développer son univers particulier, reprenant les codes des superhéros à sa sauce, faite de post-modernisme, de réflexions transhumanistes et de jeux à base d’uniformes idiots et de cordes à nœuds (oui, ce modèle aussi).

S’il ressemblait au début à une vaste pantalonnade à base de demoiselles sous-vêtues, de beefcake et de combats entre gugusses en collants, cela fait déjà quelques volumes que la trame passe la surmultipliée et ce tome-ci se concentre particulièrement sur deux personnages: Empowered elle-même et Spooky Sistah.

Bon, c’est un peu du classique quelque part: les rivales contraintes de faire équipe et qui, dans l’adversité, se découvre des points communs et finissent, sinon amies, du moins réconciliées. Dans le fond, c’est le cas: on peut voir ce tome comme une descente aux Enfers, mais dans le sens le plus littéral du terme (et en piquant au passage une super-arme extra-terrestre).

Sur la forme, Adam Warren a l’art de jouer sur des mises en scène: une grande partie du fil conducteur se déroule sur fond de faux flashbacks (où Sistah avoue toutes les crasses qu’elle a faites à Emp), de discussions mentales entre Sistah et Mindfuck, et de batailles hyperboliques au possible.

En fait, le troisième personnage central de ce volume, c’est bel et bien Mindfuck, ce qui me réjouit particulièrement: j’adore ce personnage, rien que son nom est juste sublime pour une télépathe. Bon, il y a juste le léger détail qu’elle est morte depuis, oh, bien deux ou trois tomes, mais c’est pas grave.

Et même sur le fond, Warren innove pas mal avec ses idées sur des superhéros qui abusent de leurs pouvoirs, provoquent une catastrophe (indice: “supervolcan de San Antonio”) et se font pousser à la retraite pendant que les experts en relations médias tentent de monter un gros bateau pour l’opinion publique.

Ou l’idée que les civilisations extra-terrestres se méfient tellement des Terriens qu’ils ont un arsenal de super-armes à proximité, prêt à être utilisé au cas où. Et je ne parle pas des méthodes les plus débiles de l’univers pour devenir un superhéros…

Plus j’y pense, plus je me dis qu’il y a là matière (un peu gluante, certes) à adapter pour un jeu de rôles de superhéros dans un monde contemporain, qui jouerait sur les natures éminemment humaines et supra-humaines (voire transhumaines) des protagonistes, le tout donnant lieu à de bon gros moments de décalage comique (et quelques situations scabreuses, parce que voilà).

Dans tous les cas, je conseille la lecture de ce nouvel opus à tous ceux qui aiment les histoires de superhéros qui sortent des sentiers battus et à qui la surexploitation de la plastique féminine ne file pas des boutons.

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