Ephemeral Sun: Harvest Aorta

Ça fait donc deux albums du groupe américain Ephemeral Sun en peu de temps et, comme je le supposais, ce Harvest Aorta n’a pas grand-chose à voir avec son prédécesseur, Broken Door. Passons rapidement sur le joli combo nom du groupe/titre de l’album dans le genre prog de chez prog et intéressons-nous plutôt à l’album lui-même.

Quatre morceaux entièrement instrumentaux, donc, dont le style épouse une grande partie des sous-genres du rock progressif, à commencer par le néo-progressif, très présent sur « Springsong », le premier morceau de l’album, qui rappelle pas mal le Marillion des premières années. C’est un peu la tendance lourde de cet album, avec des passages plus classiques, à la Emerson Lake and Palmer, notamment sur un « Prism » aux sonorités plus axées sur les années 1970.

Après un très discret « Memoirs » de moins de cinq minutes (de 50% plus court que le deuxième plus court morceau de cet album, pour vous donner une idée), on attaque le morceau-titre et ses quarante-deux minutes. D’accord, quarante et une minutes et cinquante-six secondes, si on veut chipoter.

Disons-le tout net: à moins de savoir clairement où on va, l’idée de jouer un instrumental de ce calibre ressemble beaucoup à ce qui arrive quand des musiciens bourrés font un pari stupide. Ce qui ne veut pas dire que 100% des résultats sont des ratages aux proportions bibliques, mais que bien souvent, arrivé à un certain point, on se demande franchement quel est le but de l’exercice.

Dans le cas de « Harvest Aorta », c’est un sentiment qui émerge assez souvent: sans dénigrer l’ensemble de l’exercice, la cohérence interne du bidule laisse à désirer. Il y a de vrais joyaux dans cet opus, mais la raison pour laquelle il s’agit d’un morceau plutôt que de quatre ou cinq tableaux n’est pas immédiatement évidente.

Malgré ça, Harvest Aorta apparaît comme un album beaucoup plus cohérent et construit que Broken Door et j’y retrouve les bons côtés du groupe que j’avais déjà pu noter précédemment. S’il a un gros défaut, c’est qu’il sonne encore trop comme du « à la manière de » et que, par moment, j’ai l’impression d’écouter la démo d’un clone de Marillion du milieu des années 80. Il y aurait peut-être aussi un effort à faire au niveau de la production.

Mais, au final, on a là un album très correct, qui à mon avis relance Ephmeral Sun dans une direction beaucoup plus intéressante et laisse présager de bonnes choses dans un avenir proche.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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