Erang: Kingdom of Erang

Kingdom of Erang

Jusqu’à ce que je sois contacté par le musicien français Erang, j’ignorais qu’il existait un genre qui s’appelle le “Dungeon Synth”. En même temps, je suppose qu’il en va des genres musicaux comme des fantasmes sexuels: si tu penses avoir inventé un truc, le temps que tu vérifies sur Internet, tu trouveras toute une communauté qui est déjà dédiée.

Même si ça te pète le cerveau. Surtout si ça te pète le cerveau, en fait.

Bref, Kingdom of Erang est un album de dungeon synth, genre qui rappelle un peu le rock électronique du début des années 1980, façon Klaus Schulze ou Tangerine Dream, inspiré par les jeux vidéos. Beaucoup de claviers, des ambiances symphoniques, des influences folk – et, dans le cas de cet album, quelques passages qui me font penser au post-black-metal.

Côté contenu, vous en aurez d’autant plus pour votre argent que l’album n’est pas cher: treize pistes et cinquante-deux minutes, avec des morceaux oscillant entre deux et huit minutes. Après, ne vous attendez pas non plus à une débauche d’instruments et une production de mammouth: le sieur Erang est tout seul derrière ses claviers et ça se sent un peu.

Je vais être honnête: ce n’est pas mon style préféré. L’ensemble à un côté un peu trop “musique d’ordinateur” à mon goût et, si les ambiances sont souvent très réussies, la musique manque un peu de texture. Comme je l’ai souvent expliqué, la nostalgie, ce n’est pas trop mon truc; j’aime la musique de vieux, c’est pas pareil.

Objectivement, il y a néanmoins de très belles choses dans ce Kingdom of Erang; en fait, j’opposerais assez la démarche d’Erang et celle de T, dont j’avais chroniqué l’album précédemment: là où Fragmentropy demande une attention soutenue pour être apprécié, Kingdom of Erang est plus facile à appréhender en musique de fond.

Et puis à un niveau personnel, sa démarche qui consiste à parler d’un personnage originaire d’un endroit dans lequel il ne retournera jamais, ça parle un peu à mon p’tit cœur de geek. Sauf que mon royaume à moi, j’y vis toujours; je ne sais pas vraiment si c’est une bonne ou une mauvaise chose, notez.

Du coup, si vous aimez les musiques façon bande originale de jeu vidéo un peu vintage, tout au synthé façon années 1980, avec des inspirations qui flirtent avec les variantes les plus atmosphériques du black-metal ou avec le folk, Erang a de bonnes chances d’avoir la came qui vous convient. L’animal a composé pas moins de dix albums, qui sont tous sur Bandcamp à des prix très raisonnables – entre trois et six dollars US.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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