Exodus, tome 1: Manhattan

Exodus, tome 1

Deux flics à Manhattan: Leto Wolf, la grosse brute taciturne, et Hana Yamashirogumi, jeune, cynique et sans tabous. Une mort suspecte et une jeune fille disparue. La routine. Sauf que le Manhattan de ce premier tome d’Exodus est une mégalopole surpeuplée, entre ruine et bidonville, aux rues submergées par les eaux.

La première image de cette bande dessinée de science-fiction donne le ton: une voiture antigravité aux faux airs de Dodge Charger qui file sur une autoroute suspendue entre deux gratte-ciels cyclopéens, avec, dans le fond, une Statue de la Liberté décapitée et de guingois et un immeuble comme éventré par des explosions.

"Exodus", tome 1, première page

Car, en cette aube du XXIIIe siècle, la Terre héberge tant bien que mal dix-sept milliards d’habitants et la conquête du système stellaire s’est terminée en eau de boudin: la Lune est une décharge et une prison alors que la terraformation de Mars est un dernier espoir réservé qu’à une élite d’oligarques.

Si je m’étends autant sur l’univers de Exodus, c’est que les auteurs, Nykko (au scénario) et Bannister (au dessin) ont créé un avenir étouffant, un Manhattan de cauchemar qui est le premier personnage de cette histoire – au point d’éclipser presque la trame de l’histoire.

Certes, les vieux routards du cyberpunk vont rester en terrain de connaissance: corporations toutes-puissantes, sectes apocalyptiques, rues grouillantes dans des ténèbres permanentes et sous une pluie battante, ultra-violence à tous les coins de rue et, au milieu de tout cela, deux flics désabusés qui tentent de faire leur boulot malgré une hiérarchie aux ordres des ultra-riches et une technologie qui part en vrille. Ah, et j’allais oublier la tempête du siècle qui arrive sur la ville!

Comme mentionné, l’histoire est un peu le parent pauvre, tout au moins au début; j’ai l’impression que ce premier tome, intitulé “Manhattan”, est plus un épisode d’exposition et, dans le même temps, je soupçonne que la série est prévue comme un diptyque.

Si c’est le cas, Exodus promet d’être impressionnant de densité. Le premier tome est déjà à la limite de l’indigestion et, si la composition des planches est souvent bluffante, le trait et les couleurs, très sombres, rendent certaines scènes peu lisibles.

Cela dit, même avec ses défauts, Exodus est une des bonnes grosses claques de 2018 et il me tarde de voir la suite.


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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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