La Fete du Jeu 2015

La Fête du Jeu 2015

En arrivant à cette édition de la Fête du Jeu, au CERM de Martigny, je me suis soudainement rappelé que je n’étais plus venu à cette convention depuis qu’elle avait eu lieu à Saxon. En d’autres termes, il y a trois ans. Le changement de lieu, justifié par une taille d’événement qui dépassait les capacités de l’ancien casino, s’était accompagné d’horaires qui s’était avérés incompatibles avec mon emploi du temps.

C’est donc avec un mélange d’appréhension et d’enthousiasme que j’ai repris le chemin du Valais pour cette édition 2015. Enthousiasme justifié par le souvenir d’une convention populaire et agréable et appréhension née du changement de cadre.

En effet, le CERM est un lieu certes pratique pour les événements de ce genre, mais bien plus impersonnel: un salon d’exposition lambda, entre béton et aération apparente, dans une zone industrielle.

Si la Fête du Jeu commençait le vendredi, mes obligations professionnelles m’ont empêchées de m’y rendre avant le samedi midi. Trente-six heures plus tard, j’en retire également un sentiment mélangé, mais pas pour les mêmes raisons.

D’abord, j’y étais invité, avec un stand non loin de l’entrée, ce qui est toujours sympathique. Je partageais l’espace avec Psychée, venue présenter ses œuvres – parmi lesquelles son roman Les Chants de Loss et le jeu de rôle du même nom.

En fait, même si ce n’était pas exactement prévu comme ça, nous nous sommes partagés les démonstrations: elle a mené une partie le samedi soir et moi le samedi et le dimanche après-midis; je n’ai pas eu de joueurs le samedi soir, ce qui, après Orc’idée, commence à ressembler à une malédiction. C’était surtout un symptôme du problème majeur de cette édition: l’absence du public.

Après la foule de Saxon, je m’attendais à une convention bien remplie, mais cette édition de la Fête du Jeu a souffert d’agendas conflictuels, avec plusieurs autres événements pour le grand public prévus le même week-end. Du coup, une fréquentation en baisse brutale et plusieurs tables quelque peu vides.

Il faut dire que la Fête du Jeu se veut un événement familial, qui attire aussi bien les geeks amateurs des jeux de rôles et des jeux de plateaux « à l’allemande », avec leurs règles complexes et leur stratégie pour barbus, mais également les familles à la recherche de jeux plus accessibles. On y croise d’ailleurs pas mal de couples avec enfants.

On peut donc y trouver, sous le même toit, des jeux de société traditionnels, des jeux de plateau contemporains, des jeux-apéritifs (et, Valais oblige, beaucoup d’apéritif), des jeux de rôles sur table et en grandeur-nature, des wargames historiques ou fantastiques à figurines, des jeux-jouets en bois, etc.

Cette année, on a également eu droit à des choses plus surprenantes, comme un concours de cosplay et un quiz musical. En soi, je ne suis pas contre ce genre d’activités – et pas seulement parce que, sinon, ma dame me fait la gueule – mais j’ai eu un petit peu de mal à voir le rapport immédiat avec le jeu. Pour le cosplay, imposer une thématique « jeu », soit par les personnages, soit dans la prestation, aurait été sympa, par exemple.

Là où je suis beaucoup plus réservé, c’est sur le concept d’avoir ces activités se dérouler dans le même espace que les jeux. Je peux comprendre que ça attire du public, mais ça a également la très désagréable conséquence de générer beaucoup de bruit.

Je veux dire, j’ai déjà joué à la Japan Expo et à Geekopolis, mais là, j’ai eu du mal à lancer ma partie du samedi à cause de la présentation du cosplay, avant que la régie ne baisse le volume.

Et je ne parle pas du quiz musical du soir, qui a dégénéré en bal-musette « années huitante » (mais pas les bonnes) et a justifié à lui seul l’achat récent de mes écouteurs avec atténuation de bruit ambiant. Pour le coup, j’étais content de ne pas avoir de joueurs et Psychée a fini par exiler sa partie vers des tables moins exposées à la sono.

C’est dommage, parce que mis à part ces problèmes, je n’ai pas grand-chose à redire: les activités étaient variées, la bouffe plus que correcte (notamment grâce aux burgers artisanaux et aux bières pression exotiques), les orgas plus que serviables. C’était en plus l’occasion de revoir quelques vieilles connaissances, même si ce ne fut parfois que brièvement.

Ce fut également l’occasion de tester une nouvelle mouture des règles de Tigres Volants, incluant une nouvelle approche des traits et de l’économie des « jetons » pour activer ces derniers et les réussites et échecs, ainsi que le début de mes réflexions sur l’équipement. Le dernier point a fini par poser plus de questions qu’il n’en a résolu, mais les traits semblent plutôt bien fonctionner.

Enfin, disons que les joueurs que j’ai eu s’y sont montrés plus que réceptifs, surtout lors de la seconde partie du week-end. Ce qui m’a surtout amusé, c’est de voir que les deux fois, j’ai eu la moitié ou plus de joueurs débutants – ou, plutôt, de joueuses débutantes – et que ce sont souvent celles et ceux qui se montrent le plus réceptifs à des idées un peu différentes.

Au reste, mon expérience montre que les joueurs débutants sont souvent très actifs: ils ont peut-être moins d’a priori envers certains principes du jeu de rôles que des joueurs plus expérimentés tendent à prendre pour acquis. La notion « jouer un rôle » leur vient naturellement et ils ont moins tendance à jouer les règles plutôt que le jeu. En tant que MJ, c’est très libérateur, quelque part.

Je retire donc, au final, une impression mitigée de cette Fête du Jeu 2015: d’excellents moments, mais une faible affluence et quelques ratés dans l’organisation des activités. Si la prochaine édition a lieu à une date qui n’entre pas en conflit avec d’autres événements – au hasard, Geekopolis ou les Chimériades – je reviendrai volontiers.

Ma galerie de photos, sous licence Creative Commons, est en ligne sur Flickr.

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