"Fire on the Mountain", de Terry Bisson

“Fire on the Mountain”, de Terry Bisson

Nous sommes en 1959, la deuxième mission vers Mars va bientôt atterrir et Yasmin rentre chez elle, quelque part entre les États-Unis socialistes d’Amérique et la Nova Africa. Dans ce Fire on the Mountain, de Terry Bisson, elle vient recueillir l’héritage d’un aïeul qui a été témoin de l’événement qui a changé l’histoire de l’Amérique.

Fire on the Mountain est une uchronie qui part d’un événement peu connu de l’histoire américaine, le raid de John Brown sur Harper’s Ferry. Brown, abolitionniste assisté d’une poignée de ses comparses (EDIT du 24 avril), a tenté en 1859 un coup de main contre un arsenal de l’armée.

Dans notre monde, cette attaque se termine par un échec sanglant, mais ici, c’est le point de départ d’un mouvement abolitionniste avec un impact mondial. Un siècle plus tard, on a une Afrique socialiste qui envoie des astronautes vers Mars, alors que les ex-USA ont subi une volée de guerres civiles suite à la sécession du Sud.

Et on a donc deux fils narratifs: celui de l’aïeul de Yasmin qui finit par prendre part au soulèvement et celui de Yasmin elle-même, veuve d’un astronaute porté disparu lors de la précédente expédition martienne, qui doit revisiter son histoire personnelle en même temps que celle de l’Amérique du Nord.

En fait, il y a même un troisième fil: notre propre époque est revisitée sous la forme d’un roman écrit par un suprémaciste blanc. C’est un classique de l’uchronie, la mise en abîme par la fiction qui “réinvente” l’histoire telle que nous la connaissons.

Fire on the Mountain est un roman plutôt court, qui a pas mal des défauts des histoires uchroniques. Notamment le fait qu’en dehors de la découverte de l’uchronie en question, il ne s’y passe pas grand-chose.

Mais c’est une histoire qui, en inventant une Guerre de sécession avant l’heure, remet cette dernière en perspective. Comme le dit un des protagonistes, la Guerre de sécession que nous connaissons a plus émancipé les blancs que les noirs, en les débarrassant du stigma de l’esclavage sans pour autant changer le statut social des anciens esclaves.

C’est aussi un bouquin avec une histoire un peu étrange: édité en 1988, jamais réédité en anglais avant 2009, mais qui a connu une édition française (intitulée Nova Africa) en 1990. Je l’ai découvert également de façon assez surprenante, via une chronique de Cory Doctorow dans BoingBoing… datant de 2010. Ne me demandez pas comment elle a pu repopper dans les flux RSS récemment, je n’en sais rien.

C’est néanmoins une bonne surprise, une uchronie sur un thème peu courant, peut-être un peu WTF sur le long terme – quelle uchronie ne l’est pas? – mais qui offre à réfléchir et à rêver.

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