FlashForward

Le 6 octobre 2009, toute la planète perd connaissance pendant deux minutes et dix-sept secondes. Pendant ce laps de temps, les personnes inconscientes voient ce qui leur arrive le 29 avril 2010, autour de dix heures du soir. Puis elles se réveillent au milieu d’un chaos indescriptible: le “blackout” est arrivé sans prévenir. Tel est le début qui claque de FlashForward, série télé en vingt-deux épisodes; la suite est un peu moins enthousiasmante.

La série suit principalement un agent du FBI, Mark Benford, alcoolique repenti et, si l’on en croit sa vision du futur, l’agent au cœur de l’enquête sur les évènements du 6 octobre. Le problème est que, dans sa vision, il est sur le point de se faire tuer par de mystérieux commandos, pendant que sa femme vit avec un autre homme. Plus ennuyeux: son coéquipier n’a aucune vision, ce qui lui fait croire qu’il ne sera peut-être plus en vie ce jour du 29 avril. Alors que le FBI essaye de comprendre les tenants et aboutissants de l’évènement, ils comprennent que ce n’est pas un accident. Et que pas tout le monde était inconscient pendant le blackout.

Le gros défaut de cette série, c’est que si le point de départ et l’intrigue sont suffisamment intéressantes pour tenir en haleine, les personnages font de gros efforts pour être prodigieusement inintéressants. Je ne sais pas trop à quoi ça tient, mais, à quelques rares exceptions près (Simon Campos, par exemple), ce sont des Américains lambdas qui se débattent dans leurs turpitudes domestiques tout en essayant de sauver le monde. Alors oui, ils évoluent un peu au cours du temps, mais cela reste très plan-plan.

La série a également le défaut de ne pas se terminer: les 22 épisodes se terminent en queue de poisson sans rien résoudre réellement, dans l’attente d’une seconde saison qui ne viendra sans doute jamais (le studio n’ayant pas signé pour la suite). FlashForward risque de rester orpheline de sa conclusion, mais, paradoxalement, ce n’est pas un si grand mal. Au moins, on évite les turpitudes de certaines séries à conspirations qui traînent en longueur.

Je ne suis pas non plus convaincu par leur traitement de la question philosophique pourtant centrale: le libre-arbitre et la prédétermination: toute la planète voit son avenir, mais peu semblent réellement en faire quelque chose. J’aurais imaginé plus de répercussions. Ou plus de surprises, un peu comme dans Babylon 5, où beaucoup d’évènements sont montrés très tôt, mais sans un contexte qui en change complètement la signification; il y en a, mais pas assez à mon goût.

Pourtant, malgré tous ces bémols, FlashForward est une série intéressante par son histoire, sinon par ses personnages. Elle vaut la peine d’être vue, ce d’autant plus qu’elle est sortie en un seul coffret de cinq DVD contenant l’intégrale de la série. Vous savez ce qui vous reste à faire pendant les fêtes!

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. Loiseau2nuit dit :

    Savoir également qu’à l’origine c’est l’adaptation d’un bouquin (ici sur amazon http://www.amazon.fr/Flashforward-Robert-J-Sawyer/dp/0812580346 ) de R.J. Sawyer.

    Je pense d’ailleurs que le bouquin pose un peu plus de ce que tu ressens comme un manque dans la série (déjà le flash les propulse 20ans en avant et pas seulement 3 ou 4 mois ce qui laisse beaucoup plus de place pour des intrigues échevelées…) et les personnages semblent avoir un peu plus de corps (bon en même temps je n’en suis qu’au chapitre 2 hein ^^)

    • Alias dit :

      Oui, j’ai vu le bouquin, Isa l’a d’ailleurs commandé au Père Noël (nom connu de la rédaction). Le truc marrant, c’est que ça se passe à Genève et que c’est Lloyd Simcoe le perso principal du bouquin. Je verrai bien ce que ça donne.

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