Freaks’ Squeele

En général, quand je parle de quelque chose « à la française », ça veut souvent dire « en moins bien », voire « en tout pourri ». Exemples: variété française, série télé française, etc. Il y a fort heureusement des exceptions et la bande dessinée de Florent Maudoux Freaks’ Squeele (trois volumes parus à ce jour aux éditions Ankama) est de celles-ci.

Dans Freaks Squeele, on suit les aventures de Chance d’Estaing, la démonette semi-cervelée, Xiong Mao, la métallurgiste liée aux Triades et Ombre de Loup, lycanthrope timide, trois étudiants ordinaires de la FEAH, la Faculté des études académiques des Héros. Ordinaires au regard de leurs petits camarades, de leurs professeurs et de l’école elle-même – sans compter l’école rivale Saint-Ange.

Et bien évidemment, tout ceci serait bien simple si les choses étaient ce qu’elles semblent être.

Freaks’ Squeele est un manga « à la française » en ce sens qu’il reprend des codes visuels et narratifs de la bande dessinée japonaise: écoles rivales, créatures fantastiques dans un monde contemporain, arts martiaux improbables, fan-service éhonté. Mais c’est également un regard particulier, un détournement des codes et des conventions, qui jouent avec le lecteur averti en l’endormissant par des situations convenues, puis en les retournant.

Classique, certes, mais quand c’est bien fait, c’est un régal et, de ce point de vue, Freaks’ Squeele est très bien fait. Comme de bien entendu, les personnages sont stéréotypés jusque dans leurs secrets, mais il y a suffisamment de petites touches originales pour qu’on s’y laisse prendre. Leurs relations évoluent au gré de l’histoire et gagnent en complexité. L’histoire elle-même prend des tournants étonnants et on ne sait rapidement pas, entre faux-semblants et vrais délires, si c’est du lard, du cochon, du tofu ou des champignons hallucinogènes.

Les mieux réveillés d’entre vous auront compris que je suis fan: le côté fantastique contemporain satirique/décomplexé, entre Harry Potter et The Authority (avec un soupçon de INS/MV pour nous les rôlistes), me plaît particulièrement. Les personnages sont sympas (les personnages secondaires mériteraient quelques histoires latérales pour mieux les mettre en valeur, cela dit) et la trame me rappelle un certain nombre de plans pourris de rôliste lambda, principalement dans les Silly-TV (tenues sexys et plans idiots).

Le dessin, le plus souvent en noir-blanc avec quelques pages en couleurs, est un peu bordélique pour être vraiment du pur manga, mais il colle très bien avec le côté réaliste-gothique de la série (je soupçonne l’auteur d’écumer les sites loligoth) et est très dynamique dans les scènes d’action. Vous pouvez aller sur le lien plus haut et jeter un œil aux premières planches du premier tome pour vous faire une idée, mais je vous préviens tout de suite: si vous aimez le genre, vous allez craquer très vite et votre banquier va vous haïr.

Mais bon, les banquiers, on les emmerde!

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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