Fringe

Dans Fringe, série télévisée dont je viens de voir la fin de la première saison, des agents du FBI enquêtent sur des phénomènes paranormaux qui semblent être liés entre eux par un mystérieux “Projet” aux allures conspiratoires. Et si vous pensez “pâle copie de X-Files” (ou que le nom de J.J. Abrams, co-créateur de la série et coupable de la soupe à l’eau tiède qu’est devenu Lost, vous répulse), c’est le moment de réviser votre jugement.

On va tout de suite commencer par évacuer le négatif: Fringe traite surtout de phénomènes aux limites de la connaissance scientifique actuelle (comme son nom l’indique). Du coup, on se retrouve de temps à autres devant un salmigondis scientifique que même moi, qui ai une culture scientifique qui tient plutôt de la jachère, trouve ça pas crédible. C’est un peu tout le mal que je pense de cette série.

J’ai coutume d’opposer deux types de séries: celles qui sont plot-based (centrées sur l’histoire) et celles qui sont character-based (centrées sur les personnages); en général, je tend à préférer les secondes. Ça doit être mon côté rôliste. Fringe réussit l’exploit de concilier les deux, même si elle est plus plot-based.

Mention spéciale au personnage de William Bishop (joué par John Noble, qui incarnait Denethor dans Le Retour du Roi), savant fou à l’origine de la plupart des expériences bizarres et qui, au début de la série, sort de dix-sept ans d’internement psychiatrique. Ses lubies, digressions et manies absurdes, ainsi que les interactions avec son fils, forment un ressort comique bienvenu, qui contraste avec son côté torturé.

Une des grandes forces de la série est sa narration concentrée: on voit très vite que la série va vers un but précis (quel but précisément, cela reste à découvrir; il y a quelques pistes, mais surtout beaucoup de surprises qui font très vite douter de tout). Même les quelques épisodes de style “mutant de la semaine” du début de la saison sont plus l’exception que la norme et aucun n’est là gratuitement: tous apportent leur pierre à l’édifice.

Sans être un chef-d’œuvre absolu, Fringe sait scotcher son spectateur. C’est une série intelligente, tordue et truffée de petits détails sournois.

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