Gazpacho: Demon

Il y a des groupes qui, l’air de rien, ont su tracer leur chemin, même dans un genre aussi balisé que le rock progressif. Les Norvégiens de Gazpacho sont de ceux-ci et leur dernier album, Demon, en est une preuve supplémentaire.

Certes, les mauvaises langues diront d’eux qu’ils sont fortement influencés par les parties les plus progressives du Marillion de Steve Hogarth, mais est-ce en soi une mauvaise chose? Surtout quand c’est une voie que Marillion eux-mêmes n’empruntent plus aussi (assez?) souvent.

Quand bien même, si les sonorités sont très semblables – notamment la voix de Jan-Henrik Ohme – le cheminement est clairement très différent, un mélange de voyage initiatique aux accents mélancoliques et de cheminement intérieur sur des aspects plus sombres de la psyché humaine.

Demon se présente comme un concept en cinq titres, totalisant près de cinquante minutes, dominé par le diptyque « I’ve Been Walking » et « Death Room », le tout baigné dans une ambiance plutôt minimaliste et planante, aux accents est-européens et centre-asiatiques (très présents sur « The Wizard of Altai Mountains », qui sépare les deux parties de « I’ve Been Walking »).

Comme souvent, avec Gazpacho, il faut prendre son temps avec cet album, de la même façon que le groupe prend lui-même son temps avec sa musique. Disons les choses ainsi: si vous cherchez dans Demon la satisfaction immédiate d’un prog qui tabasse, vous allez être déçu. C’est plus Miyazaki que Michael Bay.

Mais si on décide de se laisser guider par la musique, on est emmené dans un voyage lent dans des paysages qui évoluent sur la longueur une sorte de la route de la soie médiévale, contemplative et pacifiée, mais où la violence n’est jamais très loin. On pourrait presque l’utiliser comme bande-son pour le roman Gentlemen of the Road de Michael Chabon.

Si ce genre de rock progressif contemplatif et posé est votre came, alors Demon est un album à acquérir de toute urgence. Il a peut-être le défaut d’être un peu dans le même moule que les précédents album de Gazpacho, mais comme c’est un moule qui ne sert autrement pas très souvent, on s’en accommode très bien.

Bonus: le trailer de l’album, trois petites minutes d’extraits:

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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