Gazpacho: Molok

Gazpacho: Molok

Gazpacho est un groupe bizarre. Bon, OK, il y a le nom, mais pas que. Il y a aussi un amour pour les concepts bizarres et pour une musique lente, mais qui sait distiller des ambiances inquiétantes. Molok, leur dernier album en date, en est la preuve.

(Un élément anecdotique, mais qui m’amuse beaucoup, c’est que Gazpacho est un des rares groupes de pur prog dont les albums ont systématiquement les honneurs du site Angry Metal Guy, et le plus souvent avec des chroniques dithyrambiques.)

Formation norvégienne, Gazpacho livre un rock progressif tendance néo-prog qui ressemble beaucoup au Marillion de Steve Hogarth, mais une version vue au travers d’un miroir déformant dans un cirque itinérant un soir d’orage dans une bourgade perdue.

Sa caractéristique première est sans doute la voix de Jan-Henrik Ohme, mais aussi un intérêt pour les tendances orientalisantes – évidentes notamment sur « Bela Kiss » ou « Algorithm ». De ce point de vue, Molok a clairement tendance à rouler sa bosse entre Danube et Bosphore.

Molok est un concept-album qui parle de religion, de notre relation avec elle et de la notion de dieux et de vénération. Le CD contient même un son qui – potentiellement – pourrait détruire l’univers (ce qui rappelle le concept Not as Good as the Book, de The Tangent, mais je ne crois pas que ce soit voulu).

Neuf pistes, quarante-cinq minutes; quelque part, Molok a des faux airs d’album raisonnable, mais on y trouve tout de même deux morceaux à plus de six minutes et un autre de neuf minutes et demie. Pas de toute, ça reste du prog. Au niveau ambiance également, il n’y a pas vraiment de doutes: le groupe norvégien reste un maître pour tisser des tableaux sombres.

Si cet album devait avoir un défaut, c’est le fait que Gazpacho réalise ici un album de Gazpacho. J’entends par là que le groupe ne prend pas beaucoup de risque et reste dans soin style, certes particulier et qui ne compte pas beaucoup d’imitateurs, mais qui est quand même très typé.

Molok est un très bon album, mais si on connaît un peu les précédents, il n’y a pas vraiment de surprise. Néanmoins, je le recommande volontiers, tant il est bien fait et maîtrisé.

Bonus: « Take Your Time » en extrait audio de l’album

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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