Gentle Knife

Gentle Knife

Dans la progosphère francophone, cet été, deux articles sur Neoprog et JesterProg ont quasi-simultanément salué Gentle Knife, groupe norvégien éponyme de son premier album. Du néo-prog léché, souvent contemplatif, dont la principale caractéristique est un duo vocal masculin-féminin.

Si j’étais méchant, je dirais que c’est son seul intérêt. Disons les choses autrement: si l’on excepte ce particularisme chanté et la présence d’un saxophoniste, Gentle Knife propose un néo-prog très « années 1980 », jusque dans sa production, avec des clins d’œil appuyés en direction de King Crimson pour des raisons qui échappent un peu à tout le monde.

Du coup, les huit pistes de cet album, qui totalise un peu moins d’une heure, me donnent l’impression de tenter un grand écart – OK, un écart de taille moyenne – entre rétro-prog « classique », rétro-néo-prog et rock progressif contemporain. L’idée n’est pas mauvaise en soi, mais son interprétation me laisse dubitatif.

Le duo vocal fonctionne souvent bien, mais pas toujours – et quand ça plante, ça me fait grincer des dents. Il y a aussi la présence du saxophone qui, objectivement, est plutôt bien foutue, mais c’est un instrument que je n’apprécie pas et qui donc m’agace. Et enfin, il y a une production qui fait un peu trop vintage à mon goût.

Maintenant que j’ai bien craché ma bile, je dois avouer que, malgré tout, je n’arrive pas à détester cet album. Certes, il a ses ratés, mais, dans l’ensemble, il est plutôt sympathique. Il essaye de trucs et il fait passer quelques bonnes idées musicales – et c’est quelque chose qu’on ne peut pas dire de beaucoup d’albums de prog.

Il compte également son lot de belles mélodies. Malgré son côté « armée mexicaine » – dix personnes sont officiellement indiquées comme membres du groupe – on n’a pas l’impression que les musiciens se marchent dessus et l’ensemble est très cohérent.

L’impression finale est mitigée: Gentle Knife est un premier album et, en tant que tel, il mérite d’être considéré avec bienveillance. Il a pour lui une certaine originalité et un goût de l’expérimentation. Les amateurs de rock progressif pur sucre y trouveront certainement leur compte et, pour se faire une idée, le groupe a mis en ligne sur Soundcloud un aperçu de l’album entier.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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