God Is an Astronaut: Epitaph

Un titre en forme d’adieu, une musique plus planante et sombre que d’habitude, une couverture ultradépressive signée Fursy “Les Discrets” Tessier: Epitaph, le dernier album de God Is an Astronaut aurait, de prime abord, de quoi inquiéter. Le groupe irlandais songerait-il à remettre leurs harmoniques post-rock au placard – voire pire?

La réponse est plus simple: Epitaph est une “ode à une âme partie trop tôt”, un cousin des frères Kinsella mort à l’âge de sept ans et qui donne son nom à la dernière piste de l’album. C’est donc un gros changement par rapport aux dernières productions de God Is an Astronaut, qui passe soudainement du post-rock solaire, voire stellaire, à quelque chose de plus contemplatif, plus lunaire en quelque sorte.

Epitaph propose sept pistes, entre quatre et huit minutes, pour un total d’environ trois-quarts d’heure. C’est donc un album au format plutôt standard, qui ne cherche pas à s’étendre plus que nécessaire. Son côté atmosphérique et éthéré donne l’impression qu’il est plus long que réellement.

Si cet album est différent de la production habituelle du groupe, God Is an Astronaut ne sort néanmoins pas vraiment des terres post-rockiennes. Un peu comme le metal et le rock progressif – OK, un peu moins quand même – le post-rock est un genre où cohabitent plusieurs tendances.

Exeunt les étoiles qui explosent et les galaxies lointaines! Dans le cas de Epitaph, on est clairement dans une atmosphère faite de mélancolie, de nuit et de brumes. C’est aussi un album qui, beaucoup plus que les précédents, s’approche du format “BO de film”.

La batterie est quasi-absente de plusieurs pistes (“Komorebi”, “Medea” ou “Oisín”, par exemple) et les guitares se font discrètes et leur présence ne sert qu’à renforcer la noirceur de l’ambiance (sur le final de “Medea”).

Seules des pistes comme “Mortal Coil” ou “Séance Room” présentent quelques similitudes avec le God Is an Astronaut des albums précédents, avec ses montées en puissance de folie.

Epitaph reste un excellent album, mais il risque de méchamment déconcerter ceux parmi les fans qui s’attendent à un album “classique” de God Is an Astronaut. C’est presque un exercice de style. Pour ne pas avoir de surprise, mieux vaut y jeter une oreille sur Bandcamp.


Also published on Medium.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :