Haken: Affinity

Haken: Affinity

Les années 1980, c’était génial. Oui, je sais: d’une part, cela va complètement à l’encontre d’un mème populaire et, d’autre part, j’étais censé vous causer de Affinity, le nouvel album de Haken. Mais il y a un rapport, faites-moi confiance!

Ce rapport est que les Britanniques ont décidé de dédier leur talent musical à la réhabilitation de cette époque, honnie par certains – qui ne l’ont sans doute pas vécue comme moi je l’ai vécue. Les cons. Passons.

Le cœur de Affinity, c’est sans conteste l’épique « 1985 », un morceau de plus de neuf minutes, qui reprend les sonorités des groupes de l’époque – les Yes, Asia, Buggles ou Saga – et les retravaille à sa sauce moderne. Une sorte de rétro-cyber-prog hallucinant à base de batterie électronique, de vocodeur, et de claviers plus typés que ça, tu meurs!

Et vous savez quoi? C’est génial! Même s’ils prenaient David Hasselhof au chant, je serai quand même acheteur, tellement c’est bien fait! Cela dit, leur chanteur actuel est plutôt exceptionnel, dans son genre, alors je préfère qu’on le garde, tant qu’à faire.

De façon générale, Affinity est, dans son ensemble, un hommage au rock progressif des années huitante et à ses petits cousins, entre hard-FM et new-wave, le tout retravaillé par un des groupes les plus inventifs de la scène contemporaine, capable de gérer à la fois les influences du passé et un son moderne, flirtant avec le métal progressif.

L’album compte neuf pistes, deux atteignant les neuf minutes (le « 1985 » déjà cité et « Bound by Gravity ») et une, « The Architect », dépassant les quinze, pour une durée totale de près d’une heure. Le tout baigne dans une thématique SF, entre space-opera optimiste et cyberpunk pour film de série B.

Mais si, musicalement, Affinity lorgne méchamment vers les années 1980, c’est aussi et surtout un album de prog moderne et il ne faut pas s’y tromper. Dans le genre rétro-progressif, ce n’est pas trop le genre de Haken de se laisser aller à de la nostalgie pure et dure. Si les inspirations – surtout yessiennes – sont présentes, le propos est ailleurs.

Je ne vous cacherai pas que j’ai trouvé quelques longueurs dans cet album, mais., quand il se montre enthousiasmant, il ne fait pas les choses à moitié. En plus de « 1985 », « Intiate », « Lapse » et « Earthrise » sont très bien foutus (voire « The Endless Knot » pour qui aime les sonorités électro) et « Bound by Gravity » est une excellente conclusion à cet album. « The Architect », qui est donc la piste la plus longue, alterne des moments excellents à des passages moins cohérents.

Malgré ces quelques défauts, Affinity est un excellent album, probablement un des meilleurs de l’année en cours dans la catégorie rock progressif. Bon, après, ce n’est pas exactement une surprise, Haken ayant tendance à pondre des albums de mammouth.

Au passage, allez jeter un œil sur leur site web, qui est également un énorme hommage aux années 1980 et aux systèmes d’exploitation pour barbus.

Bonus: la vidéo officielle du très métal « Initiate », mais, si vous en avez l’occasion, jetez une oreille sur « 1985 ». Parce que.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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