Haken: Aquarius

Ah! Enfin un groupe de rock progressif qui ne se contente pas de pomper un Grand Ancien (insérez ici blague cthulhienne)! En effet, Haken a dû en pomper une bonne quantité pour sortir son album Aquarius.

À ce stade, il est d’ailleurs difficile de savoir si on a affaire à un cas de plagiat pur et simple ou si l’album a plus vocation à être une sorte d’hommage flirtant avec le pastiche. Étant d’un naturel confiant et plutôt bon public, surtout en ce qui concerne le prog, je pencherais pour cette dernière option.

En effet, dans Aquarius, les influences viennent très vite se téléscoper comme un carambolage de film muet, avec des cascadeurs, des animaux et des objets indéfinissables qui volent dans tous les sens. On passe de Kansas à Yes, puis à Opeth et Pendragon (entre autres) quasiment sans reprendre son souffle, comme par exemple dans le bien nommé “Streams”.

Il faut aussi dire que Haken se donne les moyens de pousser loin le délire avec des morceaux qui dépassent souvent les dix minutes. Ce qui donne des compositions baroques et souvent bordéliques, à la limite du n’importe quoi plus ou moins assumé.

Le plus étonnant, dans ce foutoir multifacette, est qu’au final, on a quelque chose qui est loin d’être désagréable. C’est sûr que, dans un domaine similaire, un groupe comme The Tangent, donne une bien meilleure impression de maîtrise que les p’tits jeunes de chez Haken.

En y réfléchissant, le problème est peut-être que le groupe hésite encore entre maîtrise et délire. Avec un chouïa de contrôle ou de folie — voire, soyons fous, des deux — Haken a le potentiel de devenir un Grand lui-même. Avant de se faire pomper par d’autres, dans quinze ou vingt ans.

Comme destin funeste, il y a pire.

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