Haken / Vanden Plas / RPWL / iQ / Dream Theater / Anathema au festival Night of the Prog VI

Cet article est le numéro 3 d'une série de 3 intitulée Lorelei 2011

Deuxième journée du Night of the Prog Festival, le 9 juillet 2011: des remplaçants de luxe, des p’tits jeunes qui boîtent, des vieux de la vieille et des Belges en folie.

On commence par Haken, groupe sur lequel je nourissais des réserves, rapport à une musique pas très originale. Je me disais même que si j’arrivais un peu en retard, ce ne serait pas si grave. Grosse erreur! En live, ça passe très, très bien : les musiciens – très jeunes – sont très carrés et mettent leur talent au service d’instrumentaux complexes. En plus, le groupe a beaucoup de pêche, notamment via son batteur qui, en une heure, fait tomber cinq fois ses cymbales, casse dix-sept baguettes et une caisse claire. En résumé, très bonne surprise ; en fait, il faudrait croiser Sky Architect pour la créativité et Haken pour la cohérence et on aurait le groupe ultime.

Vanden Plas, remplaçant au pied levé Moon Safari, nous sert un show prog-métal de bonne qualité, basé sur son dernier album, The Seraphic Clockwork, mais pourri par des problèmes de son. Le chanteur en fait des tonnes (sans doute pour compenser son micro déficient), le public – allemand, donc forcément enthousiaste – aussi. Personnellement, j’avais bien aimé le dernier album et je suis du coup un peu déçu par la prestation, un peu massacrée par la sono – et franchement, j’aurais préféré Moon Safari.

Troisième groupe de la journée, en plein cagnard (amis des coups de soleil, bonjour!), RPWL entame un show multimédia autour de son néo-prog orientalisant (curieusement, Isa a détesté ; moi pas) basé surtout sur World Through My Eyes. On sent que les Allemands ont l’habitude et jouent sur leur statut de groupe prog-ou-non en apostrophant (en allemand) le public sur le thème de ce qui est prog ou non et en illustrant le propos avec un magnifique « This Is Not A Prog Song », pamphlet anti-élitiste qui inclut un medley délirant sur les hits du classic rock.

Petite déception – en fait, peut-être la plus grosse du week-end, avec iQ. J’attendais beaucoup de ce groupe, que j’avais en grande partie raté lors de leur unique passage à Genève (en première partie de Mike & The Mecanics, histoire de poser l’antiquité de la chose) et qui n’a hélas pas eu un son à la hauteur de son show du 30e anniversaire. Je soupçonne aussi que Pete Nicholls n’a plus les cordes vocales de ses vingt ans et semblait parfois à la peine. Cependant, leur prestation reste honorable, reprenant des morceaux de nombreux anciens albums – surtout « Human Nature », seul morceau que j’avais pu voir, ce qui pardonne tout.

Quand Dream Theater arrive, tout le monde change de trottoir – et vient piétiner nos plate-bandes ! C’est un peu la grosse star du week-end et le site, qui était déjà pas mal plein, voit débouler une horde massive de métaleux au milieu de la foule des quadra-et-plus qui peuplent les gradins. Musicalement, c’est la grosse artillerie : la batterie de Mike Mancini, le petit nouveau (c’était son cinquième concert avec le groupe) semble plus grosse que celles de tous les autres groupes. Réunis. Comme pour iQ, la sélection comporte surtout des morceaux anciens et, curieusement, une seule chanson du nouvel album, qui sort en septembre.

Anathema conclut le festival avec un set raccourci (je soupçonne que leurs remerciements à Dream Theater contenaient assez de sarcasme pour tuer un politicien, encore qu’il semble que la bande de Labrie ait en effet réduit d’un titre sa setlist), mais d’une intensité rare. C’est sans doute la meilleure surprise de ce festival : ça tabasse spectaculairement, notamment avec « Summernight Horizon » ou « Everything ». Un final en beauté !

Ainsi se conclut ce magnifique festival! Comme le disait le célèbre cyber-philosophe autrichien, « je reviendrai », parce que des moments comme ça, dans la vie d’un prog-head, ça vaut deux Hellfest et trois Donington et peut-être même un Woodstock.

Mes photos du festival sont – ou seront, ça prend son temps – en ligne sur Flickr, comme toujours sous licence Creative Commons.

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Martigan / Sky Architect / Threshold / Riverside / Eloy au festival Night of the Prog VI

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. Acritarche dit :

    Eh! Tu as oublié les Belges en folie. Faut dire qu’on était chauds comme des baraques à frites (pas celle du festival, des vraies, des belges! ou ch’ti à la limite) après le set de Dream Theatre. On s’est d’ailleurs bien marrés pendant la demie heure qu’ils ont perdue à régler un problème de micro à la batterie de Mancini.

    Quant au son pourri de Vanden Plas, on le pardonne d’autant plus vite qu’il n’ont eu droit qu’à cinq minutes de sound check. Info donnée par le chanteur lors d’une after bien arrosée à la Chimay bleue!

    Il ne me reste plus qu’à te dire: « À l’année prochaine! ».

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