Hypno5e: Shores of the Abstract Line

Hypno5e: Shores of the Abstract Line

Le hasard a voulu que, sur ma playlist, Shores of the Asbtract Line, le dernier album de Hypno5e, suive directement les deux opus de Have the Moskovik dont je vous ai parlé hier et donne ainsi naissance à une longue plage cinématique. D’où cette chronique dos à dos.

Pas que les deux groupes soient réellement semblables, mais il y a une parenté de style certaine entre les post-rockeurs cinématiques orléanais et le groupe de metal avant-gardiste de Montpellier: même goût pour les atmosphères planantes accompagnées de narrations habitées, même intensité dans les parties instrumentales.

Par contre, Shores of the Abstract Line, c’est clairement du metal: entre death technique et post-metal, avec une pointe de sensibilité sud-américaine. Quand ça poutre, ça ne fait pas semblant et ça part un peu dans tous les sens; quand on n’est pas prévenu, ça surprend.

J’étais prévenu. Shores of the Abstract Line est le deuxième album de Hypno5e que j’écoute, après Acid Mist Tomorrow, et j’avoue que je suis toujours aussi désarçonné face à cette musique, faite de constant décrochages, de plages ambiantes souvent parcourues de textes et de passages de pur metal technique, avec également une grande variété dans les vocaux, entre chant clair, growls et hurlements.

À vrai dire, il y a dans ce groupe à peu près autant d’éléments qui m’attirent que de tue-l’amour absolus. Le gros-death-qui-pique avec growl et scream, ce n’est pas mon truc, mais dans le même temps, Hypno5e propose des passages foudroyants de beauté et un ensemble d’une intensité rare.

L’album, qui se décompose en cinq parties et huit pistes, dure un peu plus d’une heure et compte parmi ces expériences musicales dont on sort émotionnellement et physiquement épuisé. Sur la longueur, c’est peut-être un peu exagéré, mais c’est un tel voyage qu’on peut se laisser porter par l’adrénaline.

Même si je ne suis pas un inconditionnel de l’ensemble, Hypno5e fait partie de ces groupes qui me font penser que la magie existe et qu’en lieu et place de baguette magique, six cordes et beaucoup de disto parviennent globalement au même résultat.

Je vous recommande donc Shores of the Abstract Line, à condition de ne pas s’effrayer des structures et des ambiances non conventionnelles. Je ne peux regretter qu’une chose, c’est que le groupe n’ait pas – encore? – placé leur album sur Bandcamp, mais leur label, Pelagic Records, a eu le bon goût de le placer en intégralité sur YouTube:

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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