Blog à part Rock et metal progressifs, science-fiction, jeu de rôle et divagations de vieux gauchiste; maison fondée en 2002

Il n’y a pas de plan B

Ayé, l’Apocalypse TPG m’a rattrapé! J’ai passé aujourd’hui plus d’une heure en plus dans les transports en commun. Oui, ces temps-ci je prends le tram et le bus, parce que le vélo par temps de glace, c’est sans moi.

Ce n’est cependant pas pour me plaindre des transports publics genevois que j’écris ce billet. Au reste, ils n’ont pas grand-chose à voir dans l’histoire: le retard était dû à la rupture d’une canalisation d’eau au centre-ville.  Et c’est là où je veux en venir.

Une simple rupture de canalisation dans une rue, certes très passante, suffit à paralyser la moitié d’une ville comme Genève. Ça a l’air con, comme ça, mais je trouve que c’est assez symptomatique de notre civilisation, où le moindre problème peut prendre des proportions bibliques, simplement parce que la notion de “plan de secours” a été éludée dans les calculs initiaux, voire, le plus souvent, supprimée pour raisons budgétaires.

C’est un problème d’autant plus flagrant que l’on vit dans une civilisation abominablement complexe et que cette civilisation semble être une des rares choses qui empêche l’individu lambda – votre serviteur y compris – de retourner à l’état sauvage ou à celui de viande froide. Ou à l’un, puis à l’autre. Or, de façon générale, les villes sont des créations abominablement complexes, surtout quand on parle de transit. Même celles qui ont été prévues pour le trafic automobile (genre Los Angeles) ont du mal à le gérer, que dire alors d’une ville comme Genève qui n’a jamais été vraiment conçue pour cela?

J’ai beaucoup entendu parler, sans l’avoir lu, de La stratégie du choc, de Naomi Klein (j’avais lu d’elle No Logo), mais j’ai un peu peur de voir dans cette absence de plan de secours la stratégie décrite dans son bouquin, sinon planifiée, du moins acceptée. En gros, on laisse les choses partir en vrille (hypothèse vraiment paranoïaque: on les fait partir en vrille) et on en profite pour faire passer des choses détestables.

La question est de savoir si, en tant que société, on préfère payer pour des choses qui pourraient très éventuellement peut-être servir un jour dans des circonstances extrêmes ou si on préfère gérer les problèmes comme on peut quand ils arrivent. Et ensuite être cohérent dans ces choix: après tout, on entretient bien à grand frais une armée suisse qui ne sert à peu près à rien…

(Photo par Hannanik via Flickr.com sous licence Creative Commons non-commerciale share-alike.)

Pour soutenir Blog à part / Erdorin:

Blog à part est un blog sans publicité. Son contenu est distribué sous licence Creative Commons (CC-BY).

Si vous souhaitez me soutenir, vous pouvez me faire des micro-dons sur Flattr, sur Liberapay, sur MyTip ou sur uTip (si vous n'avez pas de sous, uTip propose également de visionner des pubs). Je suis également présent sur Tipeee pour des soutiens sur la longue durée.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

11 commentaires sur “Il n’y a pas de plan B”

%d blogueurs aiment cette page :