Initiative sur la transparence politique

Transparency

Le moment est historique: je crois que c’est la première fois que je suis d’accord avec Oskar Freysinger. Je vous rassure tout de suite, il s’agit d’un point bien précis sur lequel l’individu se trouve d’ailleurs en porte-à-faux avec une grande partie de son parti: l’initiative populaire fédérale sur la transparence du revenus des élus, qui a été lancée hier pour la récolte des signatures nécessaires.

Pour ceux qui ne connaissent pas la politique suisse, une initiative populaire est un texte issu de « la population » (même s’il est souvent lancé par un grand parti) demandant une modification de la constitution; elle est dite « fédérale » quand elle s’applique au niveau national (par opposition aux niveaux cantonaux ou communaux). Elle nécessite 100 000 signatures pour pouvoir être soumise aux votes et doit être approuvée par la majorité du peuple et des cantons (double majorité).

C’est un des trucs amusants de cette initiative – qui veut obliger les parlementaires à publier leurs revenus accessoires, les cadeaux reçus en cours de mandat et leurs liens d’intérêts, ainsi que demander la transparence des votes au Conseil des États (la chambre haute du Parlement suisse) –, c’est qu’elle regroupe un grand nombre de politiciens, souvent jeunes et venus de presque tous les horizons, mais assez peu de partis. Seuls les Jeunes Verts et le Parti pirate suisse la soutiennent explicitement.

J’espère sincèrement que cette initiative, même si elle ne va peut-être pas assez loin, va recueillir le nombre de signatures suffisant pour être présentée en votation fédérale et, avec un peu de chance, être acceptée – même si, au vu de l’hostilité des partis établis, les chances paraissent mince. Les initiants soulignent la rupture entre la classe politique et les citoyens, j’espère que ce texte sera pour nos élus l’occasion de sentir au moins le vent du boulet: la démocratie, c’est aussi de savoir pour qui on vote réellement.

(Image de HonestReporting.com via Flickr, sous licence Creative Commons, partage dans les mêmes conditions.)

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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3 réponses

  1. Fred H dit :

    En tant qu’élu (simplement communal), candidat national et citoyen engagé, je soutiens à fond cette initiative. Tu as bien raison d’en parler. Moi c’était y’a pas longtemps que je me plaignais justement de l’opacité du financement de la politique en Suisse. Alors comme tu le dis cette initiative ne résout pas tout puisqu’il faudrait vraiment agir sur le financement des partis et des campagnes, mais c’est déjà un bon pas. Dans le même ordre d’idée de transparence, j’ai trouvé très bien Nordmann qui, lors du débat sur le nucléaire, arrive à la tribune en rappelant tout d’abord qu’il est membre de Swisssolar pour montrer sa position et ses engagements, tous devraient en faire autant.
    Et oui c’est dur de devoir admettre que l’on peut être d’accord avec ce que dit Freysinger… Ouch

    • Alias dit :

      Bah, Freysinger, c’est comme les pendules arrêtées: il lui arrive de donner l’heure juste deux fois par jour.

      Je dois avouer que je ne comprends pas l’attitude de ceux qui s’opposent au projet parce qu’il ne va pas assez loin: une fois que c’est en place, une petite réforme et hop! réglé.

  1. 09/06/2011

    […] comme le copain Alias, je dois dire que c’est difficile à exprimer, mais… oui, pour une fois je suis […]

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