Insomnium: Winter's Gate

Insomnium: Winter’s Gate

L’air de rien, le groupe finlandais Insomnium, déjà connu pour son death mélodique, est en train de faire tomber des barrières avec son nouvel album, Winter’s Gate. Par son format, d’abord: un seul morceau de quarante minutes – pile! – au service d’un concept-album qui parle d’une histoire de vikings. Le livret du CD vient d’ailleurs avec une nouvelle incluse et il existe même une version avec le livre audio en plus de l’album.

Ensuite, parce que, sans renier ses racines, Insomnium dépasse le cadre du death-metal et propose ici un album qui emprunte à la fois au metal et au rock progressif, dans sa construction comme dans son approche musicale. Alors, certes, on n’est pas dans le domaine du métal progressif “traditionnel”; le groupe explore des franges qui empruntent à la fois au viking-metal à la Bathory, au death mélodique moderne d’un Amorphis, aux ambiances à la Anathema, et au metal symphonique – entre autres.

C’est impressionnant, vraiment. Déjà, je n’aurais pas cru qu’on pouvait faire du growl mélodique. Mais un peu tout dans cet album est mélodique, même s’il part sur une accroche death assez typique du groupe – mais mélodique quand même.

L’autre aspect bluffant de Winter’s Gate, c’est de voir à quel point les six parties du morceau s’enchaînent. Rappel: on est donc dans une piste unique de quarante minutes, hein? Eh bien on ne s’y ennuie pas un instant. Pas un instant non plus on se dit “ah ben là, ils auraient pu faire un break”. Tout coule de source. Quarante minutes, ça paraît beaucoup quand on pense que c’est un seul morceau, mais dans le même temps, c’est plutôt peu quand il s’agit aussi d’un album.

Si j’étais mesquin, je dirais que le principal défaut de ce format, c’est que pour le chroniqueur, c’est un peu difficile de pouvoir souligner quelle partie de l’album est particulièrement bonne. Mais, en même temps, je n’ai pas envie; pas envie d’être mesquin, d’une part – c’est pas bon pour mon karma – et pas envie non plus de commencer à décortiquer.

Avec Winter’s Gate, Insomnium livre ce qui est sans doute le meilleur album de sa carrière en même temps qu’un sérieux candidat au titre d’album de l’année. Pour tout dire, dans sa construction et son ambition, il me rappelle le fabuleux Light of Day, Day of Darkness de Green Carnation. Mais en mieux. Cerise sur le gâteau: il n’est vraiment pas cher, le CD étant vendu au prix d’un EP.

Désolé, pas de bonus vidéo cette fois-ci. Il faut dire que découper cette merveille en single tiendrait du blasphème.

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