Isis à Genève

Isis Genève 08

J’en ai tellement pris plein les oreilles hier au concert d’Isis au Kab de l’Usine de Genève que je dois résister à la tentation d’écrire en gras et en majuscule. Ça, plus le fait que c’était un putain de bordel de nom de bleu de concert qui dépote!

Je dois avouer que je ne m’y attendais pas: je voyais Isis comme un groupe de post-rock presque comme les autres, avec quelques guitares râpeuses, un chanteur qui alterne growl et vocaux “propres” et c’est un peu tout.

Monumentale erreur! Isis, c’est un rouleau compresseur conduit par un colibri, un astéroïde façonné comme un œuf de Fabergé, un bombardement stratégique composé par Vivaldi. C’est un mur de son qu’on se prend en pleine face et, juste avant l’impact, on s’aperçoit que chacune des briques est une mosaïque représentant une fresque avec la finesse d’un grand maître flamand.

Je pourrais continuer longtemps avec les images foireuses, mais, pour résumer, c’est un putain de groupe de métal avec trois guitares en façade qui alterne des plages de pure brutalité et des moments de grâce musicale – un peu comme le chanteur et son style growl et propre. Mention spéciale au batteur, absolument prodigieux tout au long du set.

J’ai aussi été surpris par l’aspect “progressif” de certaines compositions. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’Isis est un groupe de métal prog, mais il y a dans ses morceaux des aspects que ne devraient pas ignorer des fidèles du genre. Certaines parties instrumentales montent crescendo en apothéose, c’est pur bonheur.

Au final, c’est un concert qui était presque trop court (une heure, plus un gros rappel de quinze minutes), mais d’une intensité rare, avec des musiciens qui avaient visiblement plaisir à jouer leurs morceaux – principalement du dernier album. Le son était remarquable, à part peut-être des vocaux complètement noyés dans la masse de son.

Les deux premières parties étaient assurées par Black Elk, du stoner pas transcendant mais pas totalement inintéressant non plus, et Transitional, dont le post-rock électro était nettement plus intéressant musicalement parlant, mais qui était desservi par une prestation scénique très limitée (guitare, basse et tout le reste en samples; c’est décevant d’avoir un gros son qui fait bouger les chaussettes sans rien voir sur scène pour le justifier).

Un taxi et cinq heures de sommeil, ce n’est pas cher payé pour ce genre de prestation! Par contre, comme j’avais oublié de voler l’appareil d’Isa, ma galerie Flickr ne contient que mes photos toupourrites habituelles.

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6 commentaires sur “Isis à Genève”

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