J’ai conquis la Trilogie Baroque!

"La Trilogie baroque", de Neal Stephenson

Rhâ! Je croyais bien que je n’en verrai jamais le bout, mais je viens de finir la “Trilogie Baroque” de Neal Stephenson: Quicksilver, The Confusion et The System of the World.

Ce n’est pas que ce soit pénible à lire — même si ce n’est pas simple non plus — ou qu’il ne se passe rien, mais c’est surtout que c’est du lourd. Littéralement. Chaque tome doit bien peser son kilo à sec. Du coup, si le livre vous tombe des mains, mieux vaut évacuer de toute urgence orteils, bibelots et créatures fragiles de la zone d’impact. L’illustration ci-dessus vous donnera une idée des monstres: en comparaison, j’ai mis à côté la version “trade” de Cryptonomicon, qui était déjà un beau bébé…

Bon, donc, niveau matos, on en a pour son argent. En plus, l’ouvrage bénéficie d’une mise en page soignée, très “style genre” pour coller avec l’ambiance, ainsi que de très jolies cartes. Mais qu’en est-il de la substantifique moëlle?

L’histoire, qui se déroule à peu de choses près en même temps que le règne de Louis XIV (en gros, 1650-1720), s’attarde principalement sur les destins croisés de trois personnages. Il y a d’abord le docteur Daniel Waterhouse — pas encore un scientifique, plus tout à fait un philosophe. Fils d’un puritain célèbre au temps de Cromwell, il est surtout l’ami d’Isaac Newton et de Gottfried von Leibnitz, ce qui ne manquera pas de poser quelques problèmes, vu que ces deux grands savants se détestent copieusement…

Il y a ensuite Jack Shaftoe, le Roi des Vagabonds, dit aussi “L’Emmerdeur” en terre de France, un aventurier qui passera l’histoire à surfer entre succès et misère avec philosophie. Et il y a enfin Eliza, enlevée enfin par des esclavagistes, vendue au harem du Sultan, évadée dans des circonstances particulièrement rocambolesques et qui usera de ses forts multiples talents pour se rendre indispensable à la cour de France, de Hollande et de Prusse.

Difficile de résumer l’histoire, parce qu’elle est avant tout l’Histoire: cette trilogie est avant tout un roman historique. Au-delà de ça, c’est une trame qui joue sur beaucoup de thèmes. On y voit la transition d’une science (et d’une société) déiste et assujetie à l’Église aux prémices des Lumières. Ce sont aussi les derniers feux de l’alchimie, autour de laquelle tourne une grande partie des trames secondaires: pierre philosophale, élixir de vie, or de Salomon…

C’est aussi et surtout l’occasion pour Neal Stephenson, au détour d’une brillante peinture de la vie à cette époque, de s’amuser à souligner sa modernité, quitte à utiliser d’allusions plus ou moins anachroniques: le réseau des Vagabonds décrit comme pourrait l’être Internet ou le passeur d’un bac de Londres qui, au moment de débarquer ses passagers, lance “Mind the gap!”

En bref, c’est une excellente série, mais elle se mérite. Pour indication, j’ai reçu les premiers volumes à Noël 2003…

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge

%d blogueurs aiment cette page :