« Jésus contre Hitler », saison 1, de Neil Jomunsi

Ancien sniper dans l’armée finlandaise, chasseur d’ours blancs à mains nues, Neil Jomunsi est un psychopathe certifié qui, à côté du groupe de black-métal où il officie comme batteur-hurleur, commet des courts romans comme cette première saison de Jésus contre Hitler, qui… euh? Ah, on me dit dans l’oreillette qu’il s’agit en fait du pseudonyme de Julien Simon, qui est français et plutôt gentil.

Bon, vous avouerez qu’au vu d’un pareil titre (et du fait que l’animal se décrit sur son site comme « éleveur de Shoggoth »), on a de quoi hésiter. Ce d’autant plus si je vous dit qu’il s’agit bien du Fils de Dieu affrontant le Führer, un John J. Christ revenu d’entre les morts à Roswell, Nouveau-Mexique, au même moment que le petit moustachu hystérique, qui lui avait choisi Prague.

Le duo formé du ci-devant Nazaréen et de son comparse, le militaire américain David Goldstein, c’est un peu un Bob Morane aux faux airs de hippie qui ferait équipe avec un Bill Ballantine juif et surdiplomé (ce n’est sans doute pas un hasard si le précédent assistant de John s’appelait Bill). Ah, et immortel, le Bob Morane. Et avec un méchant sens de l’humour…

Du coup, cette première saison de Jésus contre Hitler est un trio de courts romans d’aventures, disponible uniquement en numérique. Le duo infernal (?) y affronte des zombies nazis en Sibérie, puis va chasser le Cthulhu au milieu du Pacifique (avec ce bon vieux H.P.L. en guest), avant d’aller faire du ski au Tibet pour y rencontrer le Yéti. Alors oui, c’est spectaculairement nawak: du post-pulp déjanté, des archétypes, des clichés et juste la bonne dose de décalage pour que le pastiche prenne.

David Goldstein dit à un moment avoir « l’impression d’être le héros d’un de ces mauvais romans vendus à la sauvette par des escrocs et achetés en cachette par des abrutis. » L’abruti ici écrivant doit avouer, lui, s’être amusé comme un petit fou à la lecture des trois tomes – et, du coup, attendre avec une certaine impatience le quatrième. Ça se lit vite, c’est souvent drôle et c’est bien emmené.

La collection Jésus contre Hitler est éditée par Walrus Books, le même éditeur que Mon donjon, mon dragon; à €1.49, il n’y a vraiment pas à hésiter: ça vous laisse largement assez pour acheter la drogue qui va avec. À défaut, si vous n’aimez pas les hallucinogènes, une bonne bière ira tout aussi bien.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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