Jolly: The Audio Guide to Happiness (part one)

Si j’étais du genre feignasse, cette chronique sur le dernier album de Jolly, The Audio Guide to Happiness (part one) consisterait en la seule phrase « comme son nom l’indique ». J’avoue que, rien que pour la beauté du geste, j’ai hésité. Je vous passe sur les jeux de mots foireux du genre « jolly coup », allons plutôt à l’essentiel: The Audio Guide to Happiness est un excellent album de néo-prog moderne. Alors que le premier album du groupe américain, intitulé Forty-Six Minutes, Twelve Seconds of Music ne m’avais pas particulièrement impressionné, celui-ci possède des qualités qui me parlent nettement plus.

D’une part, c’est certes du néo-prog, mais pas vraiment le modèle des années 1980: grosse patate, gros son, grosses guitares, Jolly flirte plus avec le hard-rock qu’avec la pop new-wave. Si je devais établir une comparaison, cet Audio Guide to Happiness me rappelle furieusement Frost* et, notamment, son dernier album Experiments in Mass Appeal; c’est d’ailleurs ironique que Jolly sorte un tel album au moment où Jem Godfrey annonce qu’il met un terme à son projet (on l’espère provisoirement).

Si je ne suis pas complètement enthousiaste sur l’intégralité de l’album, il réserve néanmoins des moments impressionnants d’intensité et de maîtrise, comme « The Pattern » (sans doute le plus frostien des morceaux avec son avalanche de riffs guitare/claviers et son pont instrumental chaotique à souhait) ou « Still A Dream », qui commence plan-plan et s’enfonce dans le sombre – comme un rêve qui tournerait au cauchemar. Je mentirais si je prétendais avoir trouvé l’album parfait, mais il n’y a aucun morceau qui ne paraisse pas à sa place dans The Audio Guide to Happiness et rares sont ceux qui, à l’instar de « Where Everything’s Perfect », ne cachent pas derrière une façade en apparence banale quelques pointes de folie.

Jolly prouve avec cet Audio Guide to Happiness qu’on peut faire du néo-prog avec autant de belles mélodies que de guitares agressives; un peu comme le métal progressif a commencé lorsque des métaleux ont voulu incorporer les structures complexes du rock progressif, sauf que c’est un peu l’inverse. Vivement la deuxième partie!

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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1 réponse

  1. Sabat dit :

    J’ai beaucoup aimé également. La voix sombre d’ANADALE me rappelle celle d’un certain Layne Staley. Un groupe sympa qui veut notre bonheur et qui utilise les ondes binaurales pour cela, une espèce de théorie selon laquelle le recours à ces ondes seraient susceptibles de générer certaines émotions chez leurs auditeurs. Apparemment, ça marche…

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