Jour J: Vive l’Empereur!

1925: l’Empereur Napoléon, quatrième du nom, vient de mourir et Paris se prépare au sacre de son successeur. Mais des rumeurs d’attentat vont jeter l’ex-capitaine Nerval, via son filleul Enrico Fermi, dans une conspiration qui menace de raser la moitié de la ville. Ainsi peut se résumer Vive l’Empereur!, septième tome de la série Jour J, avec toujours Jean-Pierre Pécau au scénario (épaulé par Fred Blanchard et Fred Duval) et Gess au dessin.

Une uchronie napoléonienne, c’est assez classique; que celle-ci se déroule au début du XXe siècle et inclue des dirigeables et des fusils électriques, c’est plus rare. Ce qui est intéressant ici est que, pour une fois, elle se déroule très loin (plus d’un siècle) de son point de divergence – dans le cas présent, un traité qui, en 1802, partage le monde entre la France et la Grande-Bretagne.

Comme souvent dans la série, on croise des personnages historiques – Enrico Fermi, Mata-Hari, Philippe Pétain et un certain caporal autrichien très excité – tout en suivant un personnage de fiction, en l’occurrence Nerval. Et, comme souvent, l’album vaut plus pour sa description du monde chronique que pour l’histoire qu’il narre – encore que, dans le cas présent, cette histoire de conspiration sur fond de science et de géopolitique ne manque pas d’allant.

Je regrette cela dit l’addition du culte de Mithra, qui remplace la Chrétienté dans l’Empire sans réelle explication du pourquoi du comment. Cela ajoute certes un peu d’exotisme dans l’univers, mais c’est une addition qui n’est pas réellement nécessaire et qui surtout met dans le rouge vif le WTFomètre de mon moi historien. Et ça, en uchronie, c’est Mal!

On ne manquera pas de faire un parallèle entre cet univers chronique et celui de La Brigade chimérique, et pas seulement parce que le dessin est signé Gess (j’ai d’ailleurs trouvé son travail plus convainquant ici que dans La Brigade chimérique, moins taillé à la serpe). En y repensant, on peut très bien imaginer cette France impériale comme un univers alternatif aux super-héros européens – ou, sans vouloir trop révéler la conclusion, comme un prologue à leur apparition.

Vive L’Empereur! est une excellente addition à cette très bonne et originale collection qu’est Jour J, recommandée aux amateurs d’uchronie steampunk, voir « radiumpunk » comme La Brigade chimérique.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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3 réponses

  1. philippe dit :

    Bonjour,

    Le monmde est minuscule… Même passion – les uchronies -, nom de blog pareil a peu de choses pres et même analyse concernant le dernier opus de jour J’..

    Je serais heureux de garder le contact

  2. Guillaume44 dit :

    Hello, l’interdiction des grands cultes monothéistes n’est pas clairement amené, en effet. Je pense qu’elle sert de métaphore (cf. la réflexion du monarque anglais à ce sujet) pour critiquer à travers la BD la violence guerrière et les sanglantes dictatures filles de notre ère Napoléonienne bien réelle. Mais la symbolique est mal amenée, la BD est trop courte pour cela.

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