Judge Dredd, The Complete Case Files

Cette fois-ci, si j’ai reçu pour Nawel les quatre premiers volumes de Judge Dredd, The Complete Case Files, un des monuments de la bande dessinées britannique et de la bande dessinée de science-fiction tout court, on va dire que c’est de la faute au site io9. Et aussi à un certain pote anglais de l’époque du CLIC, dont le nom rime avec « Martin Jennings », mais que je ne citerai pas ici; il se reconnaîtra.

L’article de io9 concernait les onze « runs » majeurs de Judge Dredd – une série qui a plus de trente-cinq ans – et m’a donné envie de lire, sinon tout, du moins certaines des histoires importantes (j’en avais lus quelques-unes, il y a longtemps). Évidemment, l’article coïncidait plus ou moins avec la sortie du film, dont j’ai entendu beaucoup de mal et je n’ai pas vu.

Parce que bon, Judge Dredd, c’est quand même une grosse satire d’un état policier fasciste futuriste; le personnages est une sorte de Dirty Harry puissance un googol (ou deux), à la fois juge, juré et si nécessaire, bourreau – et, bien entendu, le plus badass de tous. Le tout dans un univers ou les méga-cités sont les seules zones de civilisation dans un univers ravagé par une guerre nucléaire et bactérie-chimique.

Donc, on a droit le plus souvent à des histoires courtes, où Judge Dredd affronte des criminels, du plus haut en couleurs au plus pathétique. Quand il croise des criminels d’exception, comme le Ape Gang ou la famille Angel, on est à la limite des histoires de super-héros, mais il lui arrive aussi de courser pendant tout un épisode un pauvre type qui a laissé tomber un papier par terre.

Mais il y a aussi des histoires plus longues, plus soutenues, comme la traversée de la Terre Maudite, l’espace ravagé, radioactif et, en général, mal fréquenté qui sépare les deux méga-cités nord-américaines. ou la quête du Judge Child, un enfant qui est censé sauver la cité d’une catastrophe majeur vingt ans dans l’avenir. Sans parler des très emblématiques Juges infernaux, Judge Death en tête, qui viennent d’une dimension parallèle ou la vie a été déclarée hors-la-loi.

Alors bon, c’est de la science-fiction de la fin des années 1970, début des années 1980 et donc on n’y voit plus de voitures volantes et de robots à tout faire que de connexion Internet ou de téléphones portables. Mais ce n’est pas très grave; la satire s’accommode assez bien d’un monde un peu décalé. C’est un peu plus gênant quand l’histoire a du mal, d’un épisode à l’autre, à se décider si la ville compte 80, 100 ou 800 millions d’habitants, mais bon…

Cela dit, on trouve dans ces premières histoires, un certain nombre de thèmes plutôt originaux pour l’époque: par exemple, dans un monde qui est robotisé à l’extrême, comment gérer un taux de chômage à plus de 80%? Comment occuper la population et éviter les révoltes? Et comment éviter le fait que ceux qui travaillent soient constamment comparés aux performances des robots? (Indice: on peut pas, mais ça fait de bonnes histoires.)

Il y a plein de petites trouvailles comme celles-ci dans Judge Dredd, comme les systèmes de recyclage de cadavres, les immeubles roulants ou la prison dont les murs sont l’échangeur d’autoroute le plus fréquenté du coin. Après, il y a aussi pas mal de trucs qui sont franchement bancals, voire carrément débiles, mais ça fait partie du style.

Un des gros défauts, c’est par contre le dessin. Je suppose qu’une partie de la mauvaise qualité est due au fait que la récupération des planches originelles n’a pas dû être une sinécure et que, ce que j’ai vu des 2000AD hebdomadaires, le magazine où paraissait Judge Dredd, c’était imprimé sur du papier journal, et pas toujours de la meilleure qualité.

Mais même en prenant ces considérations techniques en compte, ça reste très fouillis. Il y a des dessinateurs qui s’en tirent mieux que d’autres, mais, de façon générale, on a l’impression qu’il se passe trois fois trop de choses dans les cases pour que cela soit lisible par un être humain normal.

Néanmoins, je ne peux que conseiller aux amateurs de science-fiction et ceux que le côté satire (par moments) brutale ne rebute pas de s’intéresser à Judge Dredd.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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4 réponses

  1. Patricia dit :

    J’avais un copain à l’école qui vivait pour Judge Dredd, je me demande si il est encore fan, je lui demanderai la prochaine fois que je le verrai !
    Patricia Articles récents…Sur le site espaceampouleled : des bandeaux à base de led pour tous vos besoins en déco.My Profile

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