Kamelot: Poetry for the Poisoned

Et voilà Kamelot qui déboule avec Poetry for the Poisoned! À l’heure où le groupe américain (et non allemand, comme je l’ai longtemps cru; bon, il y a aussi des bouts de Norvégiens) semble faire beaucoup d’émules dans le genre métal symphonique, ce nouvel album a l’intention de remettre les pendules au milieu du village et mettre le feu à l’heure. Ou quelque chose dans ce goût-là. Attention, j’ai bien dit « l’intention de »; pour ce qui est de la réalisation, c’est une autre histoire.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’œuvre est ambitieuse. Déjà, Kamelot, c’est une métal symphonique pour adultes: le groupe n’a pas besoin d’en faire des tonnes ni de mettre une potiche maxi-pulmonée devant le micro pour faire dans le grandiose et l’épique. Au reste, Roy Khan a une voix qui serait presque plus à sa place dans un cover-band Alphaville, ce qui donne aux chansons du groupe un aspect en retrait qui contraste avec la débauche d’énergie propre au genre.

Poetry for the Poisoned, dans son approche musicale, me rappelle beaucoup Operation Mindcrime, l’énorme concept-album que Queensrÿche avait réalisé il y a maintenant plus de vingt ans. On y retrouve l’usage de bruits d’ambiance et les duos (avec Simone Simons, chanteuse d’Epica); le style de Kamelot, qui flirtait déjà pas mal avec le métal progressif, est beaucoup plus travaillé, technique.

À ma connaissance, Poetry for the Poisoned n’est pas un concept-album, mais ça ne change rien à l’ambiance: Kamelot ne joue pas seulement des morceaux, il nous raconte des histoires – pleines de bruit et de fureur, comme il se doit. Qu’on se rappelle « Blücher » sur le précédent album, Ghost Opera: ici, à peu près tout l’album a cette intensité.

Alors certes, les esprits chagrins (genre moi) pourraient chouiner sur le thème « Kamelot fait du Kamelot », sauf que ce n’est pas exactement le cas. J’ai trouvé dans cet album une bonne dose d’audace musicale – oh, certes, pas de quoi révolutionner qui que ce soit, mais, dans sa tentative de fusionner les genres symphoniques et progressif du métal (avec quelques éléments de métal à chanteuse, histoire de pimenter l’ensemble), le groupe prend des risques.

Parfois, ça coince; « House on the Hills », justement un des morceaux en duo avec Simone Simons, est un poil mièvre. Mais, dans l’ensemble, ça faut mieux que passer: ça poutre. Poetry for the Poisoned est un excellent album, qui confirme tout le bien que je pensais d’eux.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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