King Crimson: The Power to Believe

J’admets: même si The Power to Believe est le dernier album en date de King Crimson, on ne peut pas vraiment dire que c’est une nouveauté, puisqu’il est sorti il y a dix ans. Mais, comme j’ai profité d’un raid sur Gibert Musique pour le ramasser (les albums du groupe n’étant pour la plupart pas disponibles en numérique) et, rebondissant sur une chronique récente de Ben Felten, j’en profite pour parler également du groupe dans son ensemble.

King Crimson est un des groupes pionniers du rock progressif, dont le premier album, In the Court of the Crimson King, est paru en 1969. Quand je dis « pionnier », je ne plaisante pas. Évidemment, en près de trente-cinq ans de carrière, la formation a muté un nombre de fois incalculables, mais compte parmi ses membres Robert Fripp (indéboulonnable fondateur), Tony Levin, Trey Gunn, Adrian Belew, Bill Bruford, Greg Lake et bien d’autres. Du beau monde, donc.

Si les premiers albums du groupe sont plutôt dans un rock progressif plutôt calme, assez rapidement l’expérimentation est devenue l’image de marque du groupe, avec des influences allant du jazz à l’électronique, en passant par le métal ou l’indus. Dire que c’est un groupe de fou furieux est une litote; à cet égard, une citation de Bill Bruford (sur la page Wikipédia du groupe), est assez parlante:

« Everything you’ve heard about King Crimson is true; it’s an absolutely terrifying place. »

Pour en revenir à The Power to Believe, c’est donc un album qui, quand on y pense, représente le stade ultime du groupe (au moins au sens littéral du terme). En onze morceaux et quelques cinquante et une minutes, King Crimson livre un exercice particulièrement barré de la tête, alternance de pistes chantées et instrumentales. Soyons clair: je préfère très largement les secondes aux premières.

Les instrumentaux de The Power to Believe, comme « Level Five », « Elektrik » (mélange de sonorités techno et métal), « Dangerous Curves » ou les quatre parties de « The Power to Believe », sont spectaculairement torturées, une combinaison de mélodies cycliques et de rythmiques déconstruites. De mon point de vue, c’est la quintessence de King Crimson, l’exemple de la folie et du génie créatif du groupe.

Je suis beaucoup moins enthousiaste sur les pistes chantées; j’ai juste l’impression que les vocaux sont juste la pièce de trop, celles qui font passer une idée bonne idée dans la catégorie du kitsch absolu (exemples: « Fact of Life » ou « Happy With What You Have To Be Happy With »; rien que le titre est too much). Encore que certains des morceaux en question possèdent également des parties instrumentales de toute beauté (« Eyes Wide Open » et ses accents oldfieldiens).

Je ne suis pas fan de tout ce qu’a fait King Crimson; le contraire eut été étonnant, vu la carrière du groupe et son éclectisme. Par exemple, j’ai tendance à préférer leurs dernières compositions aux plus anciennes. Du coup, The Power to Believe est un de mes albums préférés et, de façon plus générale, King Crimson est un groupe important dans l’histoire du rock progressif, ne serait-ce que par sa constante inventivité et son exploration des espaces les plus expérimentaux du genre.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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